‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 21 sur 436 · Digeste, V, i, 36; Capitôlin · texte numérisé non relu

Digeste, V, i, 36; Capitôlin

28 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 161]

pénalités établies. Les cas de folie furent prévus1. Le grand principe stoïcien que la culpabilité réside dans la volonté, non dans le fait, devient l'âme du droit*.

Ainsi fut définitivement constituée cette merveille, le droit romain, sorte de révélation à sa manière, dont l'ignorance reporta l'honneur aux compilateurs de Justinien, mais qui fut en réalité l'œuvre des grands empereurs du 11e siècle, admirablement interprétée et continuée par les jurisconsultes éminents du ine siècle. Le droit romain aura un triomphe moins bruyant que le christianisme, mais en un sens plus durable. Oblitéré d'abord par la barbarie, il ressuscitera vers la fin du moyen âge, sera la loi du monde renaissant, et redeviendra, sous des rédactions un peu modifiées, la loi des peuples modernes. C'est par là que la grande école stoïcienne qui, au 11e siècle, essaya de reformer le monde, après avoir en apparence misérablement avorté, remporta en réalité une pleine victoire. Recueillis par les jurisconsultes classiques du temps des Sévères, mutilés et altérés par Tribonien, les textes survécurent, et

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