Y, Saint Paul, p
2. V. l'Antéchrist, p. 463 et suiv. ; Tertullien, Ad Scap. , 4; Lucien, Peregr., 24; Lucius, 54; Comp. Philon, In Flaccu/fi, 40, 44. — Plebi ad pœnam donatus est. Lampride, Comm., 7. — - Ad spectaculum supplicii nostri. Quint., Decla?n., IX, 6. —
dates réglées ; mais il n'était pas rare qu'on fît des exécutions extraordinaires, quand on avait des bêtes à montrer au peuple et des malheureux à leur livrer'1. La fête se donna probablement dans l'amphithéâtre municipal de la ville de Lyon, c'est-à-dire de la colonie qui s'étageait sur les pentes de Fourvières. Cet amphithéâtre était, à ce qu'il semble, situé au pied de la colline, vers la place actuelle de Saint- Jean, devant la cathédrale ; la rue Trarnassac en devait marquer à peu près le grand axe1. On a pu croire
Ad spectaculum sanctorum. Actes de saint Mammaire, dans Mabillon, Analecta, p. 4-78 (nova edit.).
4. Mart. Polyc, 42; Actes des saints Taraque, Probe et Andronic, 40 (Ruinart, p. 444 et suiv.).
2. L'existence de cet amphithéâtre est admise plus ou moins expressément par le P. Menestrier, Histoire consulaire, p. 46, 99, 4 00; Artaud, Lyon souterrain, p. 4 84-482 ; Ghenavard, Lyon antique restauré, p. 44 et pi. i; Monfalcon, Lugd. hist. monum., I, plan de Lyon antique. Cf. Raverat, Fourvière, Ainay et Sai?it- Sébastien (Lyon, 4 880); Revue critique, 42 juillet 4 879; Journal des Savants, juillet 4884. Quelques-uns veulent que l'amphithéâtre où souffrirent les martyrs de l'an 477 ait été situé aux Minimes (c'est l'opinion ecclésiastique : de Marca, Dissert, très, édit. Baluze, Paris, 4669, p. 219; Meynis, les Grands souvenin de l'Ègl. de Lyon, 4872, p. 44 et suiv.; cf. J.-A.-F. Ozanam,. ÉtabL du christ, à Lyon, 4829, p. 33, 237; É. Pélagaud, dans Lyon-Revue, nov. 4880); mais la grande majorité des antiquaires considère la construction d'apparence circulaire qui se voit en cet endroit comme un théâtre. Spon, p. 50; Artaud, Chenavard, Monfalcon, l. c. Quant à l'amphithéâtre qu'on a supposé avoir existé à l'ancien Jardin des Plantes, voir ci-après, p. 331-332,
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qu'il avait été achevé cinq ans auparavant1. Une foule exaspérée couvrait les gradins et appelait les chrétiens à grands cris. Maturus, Sanctus, Blandine et Attale furent choisis pour cette journée. Ils en firent tous les frais ; il n'y eut, ce jour-là, aucun de ces spectacles de gladiateurs dont la variété avait tant d'attrait pour le peuple.
Maturus et Sanctus traversèrent de nouveau dans P amphithéâtre toute la série des supplices, comme s'ils n'avaient auparavant rien souffert. On les comparait aux athlètes qui, après avoir vaincu dans plusieurs combats partiels, étaient réservés pour une der-
note. Si l'on tient à conserver quelque vérité à l'assertion de Grégoire de Tours (De glor. mart., c. .49), plaçant le martyre à Ainai (Athanacum), on peut observer que, d'après une découverte de M. Guigue [Revue crit., 1. c. ; Raverat, ouvr. cité, p. 47 et suiv.), la colline de saint Irénée s'est appelée Podium Athanacense ; mais il est difficile qu'un fait qui se serait passé à l'amphithéâtre de la place Saint-Jean, dans le vieux Lugdunum, ait été rapporté à une localité distincte de Lyon. Aux Minimes, l'expression se justifierait; mais on peut expliquer autrement l'expression martyres athanacenses. V. ci-après, p. 338, note 3. \. On rapporte, en effet, à cet amphithéâtre une inscription donnée par Spon (p. 32, réimpr.) et Menestrier, p. 46 (de Boissieu, p. 529), qui en fixerait la dédicace aux consulats d'Orfitus et de Maximus, en 472. Mais il n'est nullement probable que cette inscription soit relative à l'amphithéâtre. M. Guigue (préf. à la Monogr. de la cathédr. de Lyon, par Bégulo, p. 5-6) montre que les matériaux de la cathédrale vinrent du forum de Trajan, sur la hauteur de Fourvières.
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nière lutte, laquelle conférait la couronne définitive1. Les instruments de ces tortures étaient comme échelonnés le long de la spina^ et faisaient de l'arène une image du Tartare*. Rien ne fut épargné aux victimes. On débuta, selon l'usage, par une procession hideuse8, où les condamnés, défilant nus devant l'escouade des belluaires, recevaient de chacun d'eux sur le dos d'affreux coups de fouet. Puis on lâcha les bêtes ; c'était le moment le plus émouvant de la journée. Les bêtes ne dévoraient pas tout de suite les victimes ; ils les mordaient, les traînaient ; leurs dents s'enfonçaient. dans les chairs nues, y laissaient des traces sanglantes. A ce moment, les spectateurs devenaient fous de plaisir. Les interpellations s'entrecroisaient sur les gradins de l'amphithéâtre. Ce qui faisait, en effet, l'intérêt du spectacle antique, c'est que le public y intervenait. Gomme dans les combats de taureaux en Espagne, l'assistance commandait, réglait les incidents, jugeait des coups, décidait de la mort ou de la vie. L'exaspération contre les chrétiens était telle, qu'on réclamait contre eux les sup«
4. Cf. Lettre, § 42 ; Lucien, Hermotime, 40; Gruter, Inscr.j p. 314. Voir ci-dessus, p. 307, la note sur xXripoç.
%. Lettre, §§ 51, 54, 55, 56. Voir l'Antéchrist, p. 463 et suiv.
3. C'est le sens de JuÇc&ouç, § 38 ; cf. § 43. Comparez les Actes des martyre d'Afrique, §48; Lucien, Toxaris, 47; Quintitien, Declam., ix, 6; Martial, Despect., iv (traditcta est gyrit).
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plices les plus terribles. La chaise de fer rougie au feu était peut-être ce que l'art du bourreau avait créé de plus: infernal ; Maturus et Sanctus y furent assis. Une repoussante odeur de chair rôtie remplit l'amphithéâtre et ne fit qu'enivrer ces furieux. La fermeté des deux martyrs était admirable. On ne put tirer de Sanctus qu'un seul mot, toujours le même : « Je suis chrétien. » Les deux martyrs semblaient ne pouvoir mourir ; les bêtes, d'un autre côté, paraissaient les éviter; on fut obligé, pour en finir, de leur donner le coup de grâce, comme on faisait pour les bestiaires et les gladiateurs.
Blandine, pendant tout ce temps, était suspendue à un poteau et exposée aux bêtes, qu'on excitait à la dévorer. Elle ne cessait de prier, les yeux élevés au ciel. Aucune bête, ce jour-là, ne voulut d'elle. Ce pauvre petit corps nu, exposé à des milliers de spectateurs, dont la curiosité n'était retenue que par l'étroite ceinture que la loi voulait qu'on laissât aux actrices et aux condamnées1, n'excita, paraît-il, chez les assistants aucune pitié ; mais il prit pour les autres martyrs une signification mystique. Le poteau de Blandine leur parut la croix de Jésus ; le corps
1 . Comparez les Actes de sainte Thècle (Le Blant, dans l'An* nuairede l'Associât, des études grecques, 4877, p. 263, 268 269)
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de leur amie, éclatant par sa blancheur à l'autre extrémité de l'amphithéâtre, leur rappela celui du Christ crucifié. La joie de voir ainsi l'image du doux agneau de Dieu les rendait insensibles. Blandine, à partir de ce moment, fut Jésus pour eux. Dans les moments d'atroces souffrances, un regard jeté vers leur sœur en croix les remplissait de joie et d'ardeur.
Attale était connu de toute la ville ; aussi la foule l'appela-t-elle à grands cris. On lui fit faire le tour de l'amphithéâtre précédé d'une tablette sur laquelle était écrit en latin : hic est attalus christianus. Il marchait d'un pas ferme, avec le calme d'une conscience assurée. Le peuple demanda pour lui les plus cruels supplices. Mais le légat impérial, ayant appris qu'il était citoyen romain, fit tout arrêter, et ordonna de le ramener à la prison. Ainsi finit la journée. Blandine, attachée à son poteau, attendait toujours vainement la dent de quelque bête. On la détacha et on la ramena au dépôt, pour qu'elle servît une autre fois au divertissement du peuple.
Le cas d' Attale n'était point isolé; le nombre des accusés croissait chaque jour. Le légat se crut obligé d'écrire à l'empereur, qui, vers le milieu de l'an 177, était, ce semole, à Rome1. 11 fallut des semaines pour attendre la réponse. Durant cet inter-