‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 249 sur 436 · Orig., III · texte numérisé non relu

Orig., III

366 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 178]

lui paraît une chimère *. Toute religion est, a ses yeux, nationale; la religion n'a de raison d'être que comme nationale2. Il n'aime certes pas le judaïsme ; il le trouve plein d'orgueil et de prétentions mal fondées, inférieur en tout à l'hellénisme ; mais, en tant que religion nationale des Juifs, le judaïsme a ses droits8. Les Juifs doivent conserver les coutumes et les croyances de leurs pères, comme font les autres peuples, bien que les Puissances auxquelles a été confiée la Judée soient inférieures aux dieux des Romains, qui les ont vaincues4. On est juif par naissance ; on est chrétien par choix. Voilà pourquoi Rome n'a jamais songé sérieusement à abolir le judaïsme, même après les guerres atroces de Titus et d'Adrien. Quant au christianisme, il n'est la religion nationale de personne5; il est la religion qu'on adopte comme protestation contre la religion nationale, par esprit de collège et de corporation.

Refusent-ils d'observer les cérémonies publiques et de rendre hommage à ceux qui y président; alors qu'ils renoncent aussi à prendre la robe virile, à se marier, à de-

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