‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 268 sur 436 · Ad Autol · texte numérisé non relu

Ad Autol

[An 178] MARC-AURÈLE. 387

gène1, qui niait la création et admettait une matière éternelle. Il commenta les Évangiles et en fit, diton, une Concorde ou Harmonie2. Son principal ouvrage, qui nous a été conservé, fut un traité en trois livres adressé à un certain Autolyque 3, personnage probablement fictif, sous le nom duquel Théophile représente le païen instruit, retenu dans l'erreur par les préjugés répandus contre le christianisme. Selon Théophile, on est chrétien par le cœur; ce sont les passions et les vices qui empêchent de voir Dieu. Dieu est immatériel et sans forme; mais ses œuvres le révèlent. Les dieux des païens sont des hommes qui se sont fait adorer, et les pires des hommes4.

Théophile parle déjà de trinité; mais sa trinité n'a que l'apparence de celle de Nicée ; elle se compose

4. Voir ci-dessus, p. 126. C'est l'Hermogène que Tertullien prend si fort à partie dans un traité spécia], In Hermogenem, et dans ses différents écrits, Prœscr., 30, 33; De monog., 46; De anima, 4 . Cf. Clém. d'Alex., Exe. ex script, proph., 56 ; Théodoret, Hœr. fab., I, 4 9; Philastre, 54.

2. Saint Jérôme, qui seul parle de cette Harmonie, confond peut-être Théophile et Tatien.

3. L'ouvrage a été écrit plusieurs années après l'an 480, puisque l'auteur cite Chrysérôs, qui écrivit lui-même après l'an 180 (III, 27, 28). La persécution durait encore, quoique affaiblie (III, 30); Irénée paraît avoir connu l'ouvrage de Théophile. Cf. Ad. Harnack, Die Zeit des Ignatius (Leipzig, 4878), p. 42-44.

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