Keim, Celsus, p. 456 et suiv
6. On a trouvé à Constantine plusieurs inscriptions de l'an 240
[An 178] MARC-AURÈLE. 391
Octavius et Minucius, se promènent au bord de la mer, près d'Ostie, pendant les vacances d'automne. Cœcilius, apercevant une statue de Sérapis, porte la main à sa bouche, selon l'usage. La discussion s'engage. Caecilius commence par un long discours, que l'on peut considérer comme une reproduction à peu près textuelle de l'argumentation de Fronton. C'est le parfait exposé des objections qu'un Romain comme il faut opposait au christianisme. Le ton est celui d'un conservateur, qui ne dissimule pas bien son incrédulité hautaine, et défend la religion sans y croire. Sceptique sur le fond des choses, dédaigneux de toute spéculation, Caecilius ne tient à la religion établie que par bienséance, par habitude, et parce que le dogmatisme des chrétiens lui déplaît. Les écoles de philosophie n'ont produit que des disputes ; l'esprit humain ne saurait franchir l'espace qui le sépare de la Divinité. Les plus sages y renoncent. Que dire de l'outrecuidance de certaines gens qui,
à l'an 217, provenant d'un certain Marcus Cœcilius Quinti F. Natalis, triumvir quinquennal [Recueil de Gonstantine, 1869, p. 695, Corpus inscr. lat., VIII, 6996,7094-7098; Hermès, t. XV, 1880, p. 471-474), fonction qui ne peut avoir été exercée que par un homme très avancé dans sa carrière. Il n'est pas impossible que ce Caecilius soit identique à celui que Minucius Félix met en scène. Si Ton voit de la difficulté à cela, on peut supposer que le Cœcilius Natalis de l'épigraphie est le fils du Caecilius Natalis du Dialogue ; les règles de l'onomastique latine ne s'y opposent pas.
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sortis des plus basses classes, sans éducation ni science, étrangers à toute littérature, prétendent trancher des questions devant lesquelles, depuis des siècles, la philosophie délibère? N'est-i'. pas bien plus sage, laissant là les questions supérieures à notre humilité, de suivre le culte établi par les ancêtres i ? Les vieux siècles, grâce à leur ignorance et à leur simplicité, eurent des privilèges, en particulier celui de voir les dieux de près, de les avoir pour rois2. En pareille matière, l'antiquité est tout ; le vrai, c'est ce que l'on croit depuis longtemps. Rome a mérité de régner sur le monde en acceptant les rites du monde entier. Gomment songer à changer une religion si utile'? Ce culte antique a vu les commencements de Rome, l'a défendue contre les barbares, a bravé au Gapitole l'assaut des Gaulois. Veut-on que Rome y renonce pour plaire à quelques factieux qui abusent de la crédulité des femmes et des badauds?
Grâce à une rare habileté de langage, Csecilius laisse entendre que tout est fabuleux et cependant vrai dans ce qui touche à la divination, aux cultes,
4. « Quanto venerabilius ac melius antistitem veritatis majo» rum excipere doctrinam », § 6. Cf. Celse, dans Orig., Contre Celse,lt 9; VIII, 36, 44.