Eusèbe, H, E., V, xxvm
414 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 179]
proclamer l'infaillibilité du pape se reconnaît, dès la fin du 11e siècle, à des signes déjà certains. L'ouvrage dont fit partie le fragment connu sous le nom de Canon de Muratori, écrit à Rome vers 180, nous montre déjà Rome réglant le Canon des Eglises, donn int pour base à la catholicité la Passion de Pierre, repoussant également le montanisme et le gnosticisme *. Les essais de symboles de foi commencent aussi, dans l'Église romaine, vers ce temps*. I renée réfute toutes les hérésies par la foi de cette Église, « la plus grande, la plus ancienne, la plus illustre; qui possède, par une succession continue, la vraie tradition des apôtres Pierre et Paul; à laquelle, à cause de sa primauté3, doit recourir le reste de l'Eglise ». Toute Église censée fondée par un apôtre avait un privilège; que dire de l'Église que l'on croyait avoir été fondée par les deux plus grands apôtres à la fois?
Cette préséance de l'Église de Rome ne fit que grandir au me siècle. Les évêques de Rome montré-
1. Lignes 36 et suiv., 70 et suiv. ; 73 et suiv.; 80 et suiv. Voir Credner (Volkmar), Gesch. des neut. Kanon, p. 341 et suiv. ; Hesse, Das muratoriJsché Fragment (Giessen, 1 873) ; Harnack, dans le Zeitschrift fur K. G., III (1872), p. 358 et suiv.
2. Caspari, Quellen zur Gesch. des Taufsymbols und der Glaubensregel, quatre parties (Christiania, 1866-1879); Gebh e* Harn., Patres apost., 1, n, édit. ait., p. 115 et suiv.