‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 315 sur 436 · Irénée, I, x, 4,2; III, ni, 4; iv, % ; xi ; V, xx · texte numérisé non relu

Irénée, I, x, 4,2; III, ni, 4; iv, % ; xi ; V, xx

448 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 180]

parts * », disaient les malveillants. — Tertullien, d'un autre côté, écrira dans vingt ans : « Nous sommes d'hier, et déjà nous remplissons tous vos cadres, vos cités, vos places fortes, vos conseils, vos camps, vos tribus, vos décuries, le palais, le sénat, le forum ; nous ne vous laissons que vos temples. Sans recourir aux armes, auxquelles nous sommes peu propres, nous pourrions vous combattre en nous séparant de vous; vous seriez effrayés de votre solitude2, d'un silence qui paraîtrait la stupeur d'un monde mort. » Jusqu'au temps d'Adrien, la connaissance du christianisme est le fait des gens qui sont dans les secrets de la police et d'un petit nombre de curieux3. Maintenant la religion nouvelle jouit de la plus grande publicité. Dans la partie orientale de l'empire, nul n'ignore son existence ; les lettrés en par-

4. Minucius Félix, 9; Celse, voyez ri-dessus, p. 369 et suiv. Celse se contredit, selon les besoins de sa polémique, tantôt présentant les chrétiens comme réduits par les exécutions à un petit nombre de fugitifs, tantôt les adjurant de ne pas persister dans leur abstention, qui tue la patrie et la livre aux barbares.

2. ApoL, 4, 24 , 37, 44, 42. Cf. Ad nat., I, 7 ; Ad Scapulam, 2, 3, 4, 5; Adv. Judœos, 43. Cf. Arnobe, I, 24. Corrigez ces exagérations parOrigène, In Matth. comm. séries, p. 857, 2e col., f, Delarue.

3. Voir ci-dessus, p. 54, 56, 4 4 0, les opinions de Marc-Aurèle, d'Épictète, de Galien, d'Aristide, d'Apulée. Pour Phlégon, voir Origène, Contre Celse, II, 44, 33.

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lent, la discutent, y font des emprunts1. Loin d'être renfermée dans le cercle juif, la religion nouvelle recueille dans le monde païen le plus grand nombre de ses convertis ' , et, du moins à Rome, surpasse en nombre l'Église juive, d'où elle est sortie3. Elle n'est ni le judaïsme ni le paganisme ; c'est une troisième religion définitive4, destinée à remplacer tout ce qui a précédé.

Les chiffres sont, en pareille matière, impossibles à préciser, et certainement ils différaient beaucoup selon les provinces. L'Asie Mineure continuait d'être la province où la population chrétienne était le plus dense. Elle était aussi le foyer de la piété. Le montanisme semblait le ferment de l'universelle ardeur qui brûlait le corps spirituel de l'Église. Même, en le combattant, on s'animait de ce qu'il y avait en lui de flamme sacrée. A Hiérapolis et dans plusieurs

4. Épictète {Dissert., II, ix, 20 et suiv.),DionCassius(LXVII, 4 4) confondent cependant encore les juifs et les chrétiens. Notez même, dans Lucien, Peregr., 46, ce qui est dit des nourritures défendues. Voir aussi Lampride, Carac, 1 . Les absurdités de Plutarque sur les juifs (Quœst. conv., IV, quaest. vi) nous surprennent.

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