‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 349 sur 436 · Carm. sib., VII, 132 et suiv · texte numérisé non relu

Carm. sib., VII, 132 et suiv

cessé de compter des familles chrétiennes observant le sabbat et pratiquant la circoncision. Les chrétiens de Sait et de Kérak paraissent être, de nos jours, des espèces d'ébionites. Les Abyssins sont de vrais judéo-chrétiens, pratiquant tous les préceptes juifs, souvent avec plus de rigueur que les juifs euxmêmes. Le Coran et l'islamisme ne sont qu'un prolongement de cette vieille forme du christianisme, dont l'essence était la croyance en la réapparition du Christ, le docétisme, la suppression de la croix1. D'un autre côté, en plein xixe siècle, les sectes communistes et apocalyptiques de l'Amérique font du millénarisme et d'un prochain jugement dernier la base de leur croyance, comme aux premiers jours de la première génération chrétienne.

Ainsi, dans cette Eglise chrétienne de la fin du 11e siècle, tout a déjà été dit. Pas une opinion, pas une direction d'idées, pas une fable qui n'ait eu son défenseur. L'arianisme était en germe dans les opinions des monarchiens2, des artémonites, de Praxéas, de Théodote de Byzance, et ceux-ci faisaient remarquer avec raison, que leur croyance avait été celle de

1. Monnaies de Moavia et d'Abd-el-Mélik (Lavoix, Arts musulmans, p. 10). Voir les Évangiles, p. 421-422, 460-462; l'Église chrétienne, p. 285-286.

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