‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 371 sur 436 · Cor., ix · texte numérisé non relu

Cor., ix

5. Eus., H. E.j VII, xxx, 42 etsuiv.; Tertullien, De vlrg. vel., 4 4; Pseudo-Clément, Epist. de virgin.,i, 40; h, 4-6; Cypr., Epist, 62 ; Hefele, ConciL, I, p. 438, 206, 363; traité Zte singul.

voilées, pour prévenir les sentiments trop tendres que pouvait faire naître chez les frères leur ministère de charité1.

Les sépultures deviennent, dès la fin dune siècle, une annexe de l'église et l'objet d'une diaconie ecclésiastique. Le mode de sépulture chrétienne fut toujours celui des juifs, l'inhumation, consistant à déposer le corps enveloppé du suaire dans un sarcophage, en forme d'auge, surmonté souvent d'un arcosolium. La crémation inspira toujours aux fidèles une grande répugnance*. Les mithriastes et les autres sectes orientales partageaient les mêmes idées et pratiquaient, à Rome, ce qu'on peut appeler le mode syrien de sépulture. La croyance grecque à l'immortalité de l'âme conduisait à l'incinération; la croyance orientale en la résurrection amena l'enterrement. Beaucoup d'indices portent à chercher les plus anciennes sépultures chrétiennes de Rome vers saint Sébastien, sur la voie Appienne. Là se trouvent les

clericorum, entier; saint Jérôme, Epis t., ad Rust., col. 774 (Mart.). Cf. Saint Paul, p. 283, 284. Voir le touchant épisode de Leontius et d'Eustolium. Socrate, H. E., II, 26; Théodoret, H. E.} II, 24; Athanase, ÂpoL, c. xxvi; Hist. arian., c. xxvm. Voir Bunsen, op. cit., II, p. 5 et suiv.

4. Tertullien, De virg. vel., 14. « Facile virgines fraternitas suscipit. »

2. Pseudo-Phocylide, vers 99 et suiv., Bernays, p. vu et suiv.; Minucius Félix, 44, 34.

cimetières juifs et mithriaques1. On croyait que les corps des apôtres Pierre et Paul avaient séjourné en cet endroit, et c'était pour cela qu'on l'appelait Catatumbas, « aux Tombes1 ».

Vers le temps de Marc-Aurèle, un changement grave se produisit. La question qui préoccupe les grandes villes modernes se posa impérieusement. Autant le système de la crémation ménageait l'espace consacré aux morts, autant l'inhumation à la façon juive, chrétienne, mithriaque, immobilisait de surface. Il fallait être assez riche pour s'acheter, de son vivant, un loculus dans le terrain le plus cher du monde, à la porte de Rome. Quand de grandes masses de population d'une certaine aisance voulurent être enterrées de la sorte, il fallut descendre sous terre. On creusa d'abord à une certaine pro-

4. Les inscriptions chrétiennes des catacombes ne remontent qu'au commencement du mesiècle. Les inscriptions plus anciennes qu'on y rencontre ne sont pas chrétiennes; elles ont été apportées dans les catacombes au ive siècle, avec tant d'autres matériaux étrangers pour le scellage des loculi. L'inscription censée de 74 (n° 4 de Rossi) est d'un christianisme douteux. Le n° 2 ne compte pas. Le n° 3 n'a pas appartenu d'abord aux catacombes. De là, on saute à l'an 204, et il s'en faut encore que Ton soit sur un terrain sûr. En somme, l'intérêt des catacombes se rapporte surtout au m* siècle. On peut faire une exception pour la catacombe de Domitilla (de Kossi, Bull., 4865, p. 33 et suiv., 4 89 et suiv.) ; mais le caractère primitif de ce monument est très incertain.

1 Voir V Antéchrist, p. 4 92, 493, note.

fondeur pour trouver des couches de sable suffisamment consistantes; là, on se mit à percer horizontalement, quelquefois sur plusieurs étages, ces labyrinthes de galeries dans les parois verticales desquelles on ouvrit les loculi. Les juifs1, les sabaziens, les mithriastes2, les chrétiens adoptèrent simultanément ce genre de sépulture, qui convenait bien à l'esprit congréganiste et au goût du mystère qui les distinguaient. Mais, les chrétiens ayant continué ce genre de sépulture pendant tout le 111% le ive et une partie du ve siècle, l'ensemble des catacombes des environs de Rome est, pour sa presque totalité, un travail chrétien. Des nécessités analogues à celles qui firent creuser autour de Rome ces vastes hypogées en produisirent également à Naples, à Milan, à Syracuse, à Alexandrie.

Dès les premières années du 111e siècle, nous voyons le pape Zéphyrin confier à son diacre Calliste le soin de ces grands dépôts mortuaires8.

4. Catacombe juive de la Vigna Randanini, près Saint-Sébastien. Les loculi y sont disposés comme les kokim des sépultures juives de Palestine, c'est-à-dire en guise de fours, avec des sarcophages. La catacombe juive de la Porta Portese est perdue. Une troisième se trouve très près de l'église Saint-Sébastien. Toute? ces catacombes paraissent postérieures au 11e siècle.

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