‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 40 sur 436 · Voir l'Église chrétienne, p 493 et suiv · texte numérisé non relu

Voir l'Église chrétienne, p 493 et suiv

54 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 162]

contre les chrétiens venaient de précepteurs consciencieux, qui se croyaient obligés de préserver les jeunes gens confiés à leurs soins d'une propagande indiscrète, opposée aux idées de leur famille1. Les littérateurs à la façon d'^Elius Aristide ne se montrent pas moins sévères. Juifs et chrétiens sont pour eux des impies qui nient les dieux, des ennemis de la société, des perturbateurs du repos des familles, des intrigants qui cherchent à se faufiler partout, à tirer tout h eux, des braillards taquins, présomptueux, malveillants2. Des hommes comme Galien3, esprits pratiques plutôt que philosophes ou rhéteurs, montraient moins de partialité et louaient sans réserve la chasteté, l'austérité, les mœurs douces des sectaires inoffensifs que la calomnie avait réussi à transformer en odieux malfaiteurs4.

L'empereur avait pour principe de maintenir les anciennes maximes romaines dans leur intégrité 5. C'était plus qu'il n'en fallait pour que le nouveau règne fût peu favorable à l'Église. La tradition romaine est un dogme pour Marc-Aurèle ; il s'excite à

\. Celse, voyez ci-après p. 363 et suiv.

2. JElius Aristide, Opp., II, p. 402 et suiv., édit. Dindorf.

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