Voir ci-dessus, p. 276 et suiv
turon ou devenait martyr1. L'antipathie était absolue; en se faisant chrétien, on quittait l'armée. « On ne sert pas deux maîtres », était le principe sans cesse répété2. La représentation d'une épée ou d'un arc sur une bague était défendue \ « C'est assez combattre pour l'empereur que de prier pour lui4. » Le grand affaiblissement qui se remarque dans l'armée romaine à la fin du 11e siècle, et qui éclate surtout au 111e siècle, a sa cause dans le christianisme. Gelse aperçut ici le vrai avec une merveilleuse sagacité5. Le courage militaire, qui, selon le Germain, ouvre seul la Walhalla, n'est point par lui-même une vertu aux yeux du chrétien. S'il est employé pour une bonne cause, à la bonne heure; sinon, il n'est que barbarie. Certes, un homme très brave à la guerre peut être un homme de médiocre moralité ; mais une société de parfaits serait si faible! Pour
i. Tertullien, De corona, 11 ; De fuga in persec., 14; De idol., 19; Eusèbe, H. E., VIII, iv; Actes de saint iMaximilien.
2. Saint Martin, saint Victricius, saint Taraque. Voir Le Blant, Inscr. chrèt., I, p. 84-87; Comptes rendus de VAcad. des se. mor. et pol., loc. cit. Ai à to e'xôpov elvai tô toigûto auToï; £tà tov 6ebv h «popoûci xarà auveî^wnv. Rescrit supposé de Marc-Aurèle.