‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 6 sur 436 · Gapit., Ant. le Pieux, 40; Ant. le PhiL, % 3; Pensées, î · texte numérisé non relu

Gapit., Ant. le Pieux, 40; Ant. le PhiL, % 3; Pensées, î

[An 161] MÀRCAURÈLE. 11

celui de ses maîtres eux-mêmes : habits simples et modestes, barbe peu soignée, corps extén ué et réduit à rien, yeux battus par le travail1. Aucune étude, même celle de la peinture, ne lui resta étrangère2. Le grec lui devint familier; quand il réfléchissait aux sujets philosophiques, il pensait en cette langue ; mais son esprit solide voyait la fadaise des exercices littéraires où l'éducation hellénique se perdait3; son style grec, bien que correct, a quelque chose d'artificiel qui sent le thème. La morale était pour lui le dernier mot de l'existence, et il y portait une constante application.

Gomment ces pédagogues respectables, mais un peu poseurs, réussirent-ils à former un tel homme? Voilà ce qu'on se demande avec quelque surprise. A en juger d'après les analogies ordinaires, il y avait toute apparence qu'une éducation ainsi surchauffée tournerait au plus mal. C'est qu'à vrai dire, audessus de ces maîtres appelés de tous les coins du monde, Marc eut un maître unique, qu'il révéra par-dessus tout; ce fut Antonin. La valeur morale de l'homme est en proportion de sa faculté d'ad-

p. 5 et suiv.; Eusèbe, Chron., p. 468, 469, Schœn^, Lucien, Démonax, 31 ; iElius Arist., Éloge d'Alex., Opp., I, p. 134, Dindorf.

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