‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 62 sur 436 · Ibid., m · texte numérisé non relu

Ibid., m

n'exagère son rôle, d'instruction profane et de théosophie chimérique, de rationalisme et de foi, le (ivre ne pouvait satisfaire longtemps l'orthodoxie; mais il convenait à une époque de syncrétisme, où les points divers de la foi chrétienne étaient mal définis. Il a fallu les prodiges de sagacité de la critique moderne pour reconnaître encore la satire de Paul derrière le masque de Simon le Magicien1. Le livre est, en somme, un livre de conciliation. C'est l'œuvre d'un ébionite modéré, d'un esprit éclectique, opposé en même temps aux jugements injustes des gnostiques et de Marcion contre le judaïsme et à la prophétie féminine des disciples de Montan2. La circoncision n'est pas commandée ; cependant le circoncis a un rang supérieur à celui de l'incirconcis. Jésus vaut Moïse; Moïse vaut Jésus3. La perfection est de voir que tous deux ne font qu'un, que la nouvelle loi est l'antique, et l'antique la nouvelle Ceux qui ont l'une peuvent se passer de l'autre. Que chacun r^ste chez soi et ne haïsse pas les autres.

C'était, on le voit, l'absolue négation de la doc-

4 . Dans les Recognitiones, ce sont plutôt les erreurs du gnosticisme qui se laissent apercevoir derrière le nom abhorré de Simon.

t. Hom., xi, 35 ; xvii, 43 et suiv.

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