ACTE V, SCENE IV
Admirent tes projets, les serviront dans l'ombre; Assurés du secret, leur bouche m'a promis D'abandonner Yalois , de servir nos amis; Et, vendus sans danger à l'or d'un nouveau maître, Au moment du triomphe ils se feront connaître.
MARCEL
Rougir de conspirer, et par des trahisons Du prix de notre sang enrichir leurs maisons ! IVon, jamais! puisque d'eux le péril nous sépare, Que d'un sang corrompu leur prudence est avare, Marcel à leur appui ne veut plus recourir; Quand on veut conspirer, il faut savoir mourir. S'il en est parmi vous qui craignent de me suivre, Qu'ils partent, j'y consens, je leur permets de vivre; Et ne m'informe pas si leur lâche secours Aux fureurs du dauphin ira vendre mes jours. Mais il ne s'agit plus, conspirateurs timides , De disputer nos biens au fardeau des subsides; De limiter les droits du pouvoir souverain, De mendier la paix les armes à la main ; Sans prolonger le cours de nos guerres civiles , Sans fatiguer nos bras de crimes inutiles , Frappons l'état au cœur; que le régent surpris, Cette nuit pour jamais s'éloigne de Paris!
LAIGNEVILLE.
Les Valois ont régné.
CONSAC.
Le peuple ainsi l'ordonne.
LAIGNEVILLE.
Le peuple au Navarrois décerne la couronne. MARCEL.
Il nous attend.
TOUS
Partons !
56 MARCEL
MARCEL
Avec art divisés, Par des chemins obscurs, des sentiers opposés, Rendons-nous près de lui ; songez qu'une imprudence Compromettrait nos jours et le sort de la France.
A Laigneville et Consac.
Guidez vers les faubourgs vos nombreux compagnons; Us nous suivront de près.
A quelques autres.
Et quant à nous , marchons !
Si mon bras ne vous peut garantir la victoire, Aux côtés de Marcel on ne meurt pas sans gloire.
Il sort avec la moitié des conjurés.