SCENE VI
MARCELINE, ARMAND
ARMAND
Tiens ! elle est partie, celle dame ?
MARCELINE , souriant.
Oui-dà ! Et vous accouriez dans l’espérance de la voir ? Eli bien, soyez en repos, vous la verrez, elle reviendra... (sérieusement.) Je vous donne en mille à deviner ce que c’est que celte dame.
ARMAND
C’est Jeanne Lerouex.
En personne.
ARMAND
Je l’aurais deviné rien qu’au ton dont tu me le demandais après la conversation que nous venions d’avoir à son sujet; mais, pour plus de précautions, comme je redoute pour toi les femmes mystérieuses et les mauvaises connaissances... je suis venu regarder par le trou de la serrure , tout bonnement, et je l’ai reconnue.
C’est bien joli : de la défiance !
ARMAND
Mère de sûreté et... sœur de jalousie...
Je l’ai engagée à revenir... cela ne vous contrarie pas ?
* ARMAND
Non ; elle n’est pas dangereuse, ecllc-là.
Et elle me paraît assez intelligente pour avoir ici le ton et les manières sans lesquels il ne nous conviendrait, à vous ni à moi, de la recevoir...
ARMAND
Comtesse de Montperricr, c’est un nom cela... et il ne faut pas fermer la porte aux enfants prodigues... (Tirant un bracelet de la poche. ) Prètez-moi votre bras, madame...
U lui attache le bracelet.
Ah ! le bracelet?
Qui vous a paru si joli l’autre jour.
Mais il était vendu !
ARMAND
J’en ai fait faire un pareil.
Vous êtes charmants... tous les deux !
ARMAND
Embrassez-moi donc pour la peine... ou plutôt pour m’absoudre du plaisir que je me fais à moi-même.
On vous pardonne... égoïste.
Armand l'embrasse ; Marceline fait un mouvement , en entendant venir
Quoi donc?
On vient !
quelqu’un.
ARMAND
ARMAND
Eh bien ! ne puis-je plus vous embrasser maintenant ?
MARCELINE , avec un certain Tnécontentement.
C’est que depuis quelque temps , je trouve vos amis un peu bien tendrement expansifs à mon égard.
ARMAND
Ah bah!... et lesquels ?
M A RC E H N E .
Monsieur de Vernes hier, monsieur Sylvio aujourd’hui , mon-