RE OF.CC A
Vous voilà enfin , Monsieur !
DONATO, embrassant sa nièce.
Oui, chère enfant... et j’espère que j'arrive assez à temps!.. (Il aperçoit Prioli.) Tiens, c’est toi , mon pauvre Prioli !
ANNA et RF. nr.CC A.
Prioli !..
PRIOLI, triomphant.
Àh !.. je ne le lui fais pas dire?
donato.
D'où diable sors-tu ?
PRIOLI , montrant la fenêtre.
De là, cher onde! j’arrive d’Angleterre par eau... à la lettre!
ANNA, à part, avec espoir.
Mais, alors, celui que j'ai entendu...
PRIOLI, d’un air aimable.
Je ne m’en plains pas ! du reste , puisque l’identité est reconnue , et cette jolie main va me dédommager...
DONATO, brusquement.
Sa main !.. j’en suis bien fâché, mon garçon, mais elle n'est plus pour toi !..
PRIOLI.
Pas pour moi I après tout ce que j'ai essuyé ! DONATO, a Prioli.
Non, morbleu!., pourquoi t’es-tu amusé en chemin!..
PRIOLI.
Je me suis joliment amusé! mais ça ne se peut pas !.. nous allons nous expliquer...
DONATO , montrant Anna qui sourit.
D’ailleurs, regarde-la?., elle ne t’aime pas... c'est clair...
PRIOLI.
Laissez-lui donc le temps.
DONATO, continuant.
Elle est enchantée... et moi aussi !.. car c’est toi qui es cause de tous les désagrémens qui me sont arrivés... et de l'aventure la plus diabolique...
PRIOLI.
Une aventure!..
ANNA, avec crainte.
Votre enlèvement !
Je croyais que c’était pour mi* conduire à la citadelle... c’était bien pis ma foi !.. une machination infernale...
TOUS
Comment?
DONATO
Cette voiture dans la .uellcon m’avait fait monter... me conduit tout droit...
PIUOLI.
Dans un château fort? I
DONATO
Non! dans un bétel magnifique... je monte l’escalier... j'entre et je vois...
PRIOLI.
Des soldats?
DONATO
Du tout ! un souper superbe vingt cou-
verts... des sorbets. du champagne !.. ce n’est pas ça que je blâme ! et je me trouve dans les bras de mes vieux camarades, du gouverneur lui-même... qui cherchait à m’attendrir en faveur LC son neveu...
ANNA, inquiète.
Du comte Marco.
donato, avec un air de colère.
Je les ai reçus!., ah!., je me suis mis à table !.. et tandis que je dévorais sans rien dire... ils m’accablaient de caresses, de séductions !.. « Allons, mon vieil ami, me criait l'onde... plus de procès, j'abandonne mes droiLs... un bon mariage, corbleu !.. Je la rendrai heureuse, disait l’autre . j’en réponds. C’est un fou plein d’houneur, s’écriait un troisième... allons, allons, pardonnez-lui! »
(Marco, en habit de ville, a paru à la porte a gauche, Il écoute avec anxiété et descend lcnteraeut
en scène. )
MARCO, à part.
Ah !.. je n'y tiens plus !..
ANNA , avec crainte, à son oncle.
Et vous avez résisté ?
PRIOLI.
Vous avez bien fait! an fat, un libertin... s’il était là... je le lui dirais en face...
MARCO, près de lui, et lui saisissant la main.
Le voilà. Monsieur... c’est moi!..