‹ Marcomir: histoire d'un étudiantChapitre 1 sur 7 · PREFACE. III · texte numérisé non relu

PREFACE. III

bureau qui présidait alors la commission de colportage. Non moins poli et beaucoup plus aimable fut un chef de division dont J'ai oublié le nom, qui pourtant, voyant que je m'obstinais à réclamer, me déclara crûment qu^il .allait faire dire pis que pendre de mon livre dans les journaux officieux et qu'il défendrait à tous les autres d'insérer ma réponse. En effet, il n'y manqua pas, et ce fut comme un mot d'ordre de publier que Marcomir était un prodige de perversité. Un rédacteur du Constitutionnel^ emporté par sa fougue et caché derrière un pseudonyme, eut même l'effronterie de dire que depuis le Compère Mathieu on n'avait rien lu déplus horrible que mon livre.

Heureusement, le Journal des Débats, la Presse et le Temps vinrent à mon secours en insérant mes réponses. Plusieurs

IV PRÉPâCE.

autres écrivains, lésés comme moi dans leurs droits et dans leurs intérêts, réclamèrent à leur tour contre les arrêts de la commission de colportage ; M. Jules Janin s'en moqua publiquement avec une aimable et spirituelle bonhomie dans sa préface des Contes non estampillés; le public, ne pouvant acheter dans les gares de chemins de fer le livre défendu, l'acheta chez les libraires de Paris ; enfin mon succès fut aussi complet qu'inespéré.

Ce succès alla même beaucoup plus loin que ne l'a jamais soupçonné le public, car le ministre de l'intérieur, M. de Persigny, gêné de ce bruit importun, m'accorda ou peut-être m'offrit une audience, écouta mes réclamations de l'air le plus attentif et le plus sympathique, et me dit en tête à tête à peu près ce qui suit :

« Monsieur, je suis tout prêt à vous faire

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