FIN DE LA TABLE DBS MATIÈRES
Ptrif. — Imp. B. CUpiomj.it et Y. Rbmaolt, rue des Poiteviut, 0.
« dont on eut la première nouvelle à Paris dès le 22 au soir ; » Haret se prononça pour la dictature. L'Empereur eut lieu de regretter amèrement, pour la France et pour lui-même , d'avoir repoussé ce conseil, et recommencé trop tôt la monarchie constitutionnelle.
Le duc de Bassano est l'auteur des explications insérées dans les numéros 134 et 145 du Moniteur de 1815, sur les pièces falsifiées produites par lord Castlereagh devant la chambre des Communes, pour justifier la guerre à outrance contre Napoléon, et l'arrêt de déchéance prononcé à Vienne contre Murât nonobstant son traité avec l'Autriche. Ces pièces avaient ét^ envoyées au ministre anglais dans les premiers jours de mars. Pour prouver que Hurat, depuis son traité, avait trahi la coalition avant la chute deTEmpire,— un subalterne trop zélé, employé à la secrétairerie d'État de Louis XVIll, y ayant découvert trois lettres antérieures de Napoléon au roi et à la reine deNaples, dont quelques passages pouvaient à la rigueur s'adapter aux événements de 1814, avait changé les dates et comblé les lacunes par des interpolations maladroites. Dans une de ces lettres, on faisait dire par Napoléon à Hurat qu'il comptait sur sa contrition^ expression qui surprend moins, quand on sait que l'auteur présumé de ces retouches était un abbé ^
Le hasard avait fait découvrir aux Archives du Louvre les brouillons des copies livrées à lord Gastlereagh. Dans
1. Cet abbé de cour est nommé, à propos d*une autre circonstance, dans les Mémoires de Bourrienne, XI, ch. xv. Deux de ces lettres avaient été écrites pendant l'hiver de 1813, époque où Maret était, de la part de TAutrichc et de TAngleterre, en butte aux mêmes suggestions qu'après la campagne de Leipzig. Le faussaire avait tiré parti de cette ressemblance de situation. — On sait aigourd'hui que Murât ne s'était réconcilié avec Napoléon que depuis l'arrivée
vaise foi de Napoléon, mentionna une dépêche du 19 mars interceptée^ dans laquelle il était dit « que l'Empereur voulait compter jusqa au dernier moment sur les événements militaires; qu'il était décidé, quand même il aurait ratifié le traité y à ne pas se dessaissir de ces forteresses, enfin que le duc de Vicence eût à brûler cette lettre aussitôt qu'il l'aurait lue. » Dè$ que l'on eût connaissance à Paris de la séance dans laquelle le ministre avait cité cette pièce et celles relatives à Hurat, l'Empereur ordonna les recherches nécessaires. L'on retrouva, comme il est dit dans la note précédente de Maret, les brouillons du faussaire, naïvement annexés aux minutes originales des lettres au roi de Naples. On retrouva aussi la dictée originale de la dépêche du 19 mars ; elle ne contenait aucune de ces phrases compromettantes, accumulées comme à dessein dans la pièce citées par le ministre anglais. « Cet original et ceux des autres lettres également falsifiées, furent mis sous les yeux de plusieurs Anglais, qui se trouvaient alors à Paris, et qui en vérifièrent l'authenticité. » Malgré cette protestation, la dépêche interpolée fut reproduite après la bataille de Waterloo dans le fameux recueil de Schœll, devenu si rare aujourd'hui *, avec cette mention que « l'original, écrit de la main de M. Maret y se trouvait déposé à la chancellerie de Vienne. » Maret dément énergiquement cette assertion.
Nous affirmons que cela n'est pas. Une lettre en chiffres n'est point écrite de la main d'un ministre, et' son déchiffrement ne peut pas même être de la main du duc de Vicence, puisque la lettre chiffrée avait été interceptée. Si ce déchiffrement existe à Vienne d'une main quelconque» il
1. Recueil de pièces destinées à détromper les FrançstiSf etc. T. V| p. 120*