SCENE IX
Marguerite est deboiil. à droite contre un fauteuil, et dans l'atUtu.le d'une personne qui rellécliit.
ALBERT, eiiirani par le fond, un billet ouvert à la main, et sans voir Marguerite, ils'assiedprés de la table.
Que veut dire cet étourdi de Bour... de Beauséjour? il m'écrit que, dans sa crainte d'étro connu sous son véritable nom. il a été forcé de prendre le mien devant un monsieur Bonnard, ancien ami de son père!... Ah ! je ne le démentirai pas! sa joyeuse amitié m'a l'ait du bien!... {Apercevant Marguerite.) Ah l VOUS étiez là!... et toute rêvtuse I...
Albert, je réfléchissais au malheur que j'ai d'être
jeune.
ALBERT, soiiriiiiK, et toujours assis.
C'est un malheur regardé généralement comme un bonheur.
HARGL'ERITB, lri}s-gracieuse.
Quand il est passé peut-être?
ALBERT, souriant.
Et pourquoi cela ?
MARGDERITE, de même.
C'est un si grand embarras de ne pas savoir au juste ce qu'il faut dire et faire pour...
ALBERT
Pour?
Pour être aimée.
ALBERT
On le devine à tout âge.
MARGIERITE, ttvfc Coquetterie.
Et si l'on se trompait ?
ALBERT, troublé par son regard.
Vous avez de l'esprit, Marguerite... vous avez
des talens délicieui... la peinture, la musique...
MARGUERITE, a/kiii n lui avec Une joie enfantine.
Vous le savez ? je n'ai donc pas perdu mon
temps! Quel bonheur!
ALBERT, à part.
Elle est charmante !
MARGUERITE, de même.
Il a l'air de m'aimerun peu. [Haut,avec amour et gentillesse.) Les arts, a dit un poète, viennent du ciel pour charmer sur la terre celui qu'on aime.
ALBERT
Il a pris SI main, puis il la laisse retomber. MARGUERITE, itOnni'C.
Qu'y a-t-il? Oh! ne craignez pas que ma pensée se perde dans les nuages poétiques!... En votre absence, j'ai veillé sur les détails de la maison, Albert... j'ai donné des ordres pour des arrangeraens intérieurs. [Avec gaitô.) Et vous ne savez pas ce qui est arrivé?
Quoi donc?
MARGIERITE , gatmenl.
Ne s'est-il p.is trouvé que vous aviez eu juste les mêmes idées que moi? ma volonté, c'était la vôtre!... Oh! j'étais bien Hère!...
ALBERT
C'est moi qui suis heureux!
Il en est ainsi dans les plus petits détails!... J'ordonne qu'on mette les plus belles fleurs sous les fenêtres de votre appartement... Vous aviez donné l'ordre, vous, qu'on les plaçât prés du mienl... Et que je vous remercie encore, Albert, d'avoir, comme je le souhaitais, fait communiquer le joli pavillon du parc avec mon appartement!... j'y vais, chaque matin, lire et rêver... Oh ! que je voudrais pouvoir faire pour vous tout ce que vous faites pour moi!...
ALBERT
Ainsi, chère Marguerite, nous pensons ensemble.
Quand vous parlez, cela me semble toujours
ainsi, même sur des choses auiquelles je n'avais jamais soii^é!... L'autre jour, la politique, la guerre, les affaires...
ALBERT, souriant.
Vraiment? vous vous occupez de la politique et des affaires publiques!... ce sera heureux pour la patrie.
HARGCERITE.
IVe vous moquez pas!... [Elle s'appuie avec grâce sur son l'puule, et dit lendrenieni,) Tenez, il y a des mots qui prennent un sens pour moi quand vous les dites!... La patrie, par exemple! je l'aime à présent I... c'est le sol qui vous a vu naître, dont votre voix discute les intérêts, que votre courage défendrait, et où la gloire vous récompensera I... c'est le pajs où vous vivez, où l'on vous honore, et où je vous aime!
ALBERT, la pressa»! contre son cœur.
Ma bien-ainiée!
HARGCERITE, riiilll.
C'est ainsi pourtant que je comprends toute la politique.
ALBERT
Les femmes n'ont pas besoin de l'entendre autrement.
MARGDERITE, gaimenl.
Puis vous ne voyez en moi qu'une petite pensionnaire craintive!... Eh bien, savczvous qu'en Tous regardant parfois de ma fenêtre franchir à cheval de grands espaces, et gravir des montagnes escarpées, j'ai eu l'envie d'en faire autant?
ALBERT
Vous?
MARGUERITE, tendrement.
Afin de ne pas vous quitter, et de vous arrêter au moment du péril... alors je me suis essayée en TOtre absence.
ALBERT
Comment?
MARGnERITE.
Jérôme, le vieux palefrenier de votre père, m'a donné des leçons; je monte déjà très-bien, à ce qu'il dit, votre cheval Soliman.
ALBERT, .se levant.
Ciel 1 il s'emporte quelquefois, et votre frayeur pourrait alors exposer voire vie.
MARGUERITE, avec çjeutiUesse.
Vous voyez donc bien qu'il faut me laisser à vos côtés!... je n'aurais pas peur alors; et, s'il y avait de vrais dangers, oh ! je craindrais tant pour vous que je ne penserais pas a moi.
ALBERT, tris-trouble.
HARGCERITE.
Puis, voyez, Albert!... Ah! vous détournez les yeuxl... Mais regardez-moi donc! je me suis parée de vos présens. Celte coiffure vous plait-ellc? ma robe est-elle jolie?
ALBERT, avec amour.
Bien moins que toi... si belle et si gracieuse!
MARGOERiiB, avec joie, lui prenant la main.
Vrai?
ALBERT, lui tenant la main dans les siennes, ave'^ passion.
Bien moins que tes yeux si beaux, que ton sourire charmant, que les grâces ravissantes !... Mon Dieu ! que je l'aim... {/; recule dans le plus grand trouble.) Mais je ne sais plus ce que je dis!... Ah I laisse-moi ! ne me regarde pas ainsi ! ne me dis pas: Regardez-moi:... ne me parle pas de ton amour! ne me dis rien qui me force à m'éloigner encore !...
HARGCERITE, Honnée.
Oh! mon Dieu 1 qu'y a-til donc? vousaurais-je déplu ou offensé sans le savoir?
ALBERT
M'avoir offensé? toi, l'amouret la bonté même! toi, qui ne m'en veux pas quand lu peux me croire injuste et insensible!... toi, qui dois regretter d'avoir uni ton sort au mieux!
Grand Dieu ! chaque jour, au contraire, je bénis le ciel de ce qu'il m'a liée à vous!... c'est le bonheur I...
ALBERT
Bonheur qu'un mot peut détruire.
Quel malheur pouvez-vous craindre? êtes -vous persécuté ? votre fortune, vos jours sont-ils menacés? Ah! dans mon ignorance de la vie, je ne sais pas même quels malheurs on peut éprouver! Pour moi, il n'y en a qu'un... ne plus vous voir I
ALBERT
Et si c'était?...
HARGCERITE.
Quoi donc?
ALBERT
C'est cruel a dire, Marguerite... mais il eût mieux valu pour tous deux ne pas nous rencontrer.
HARGIERITE, virement.
Ahl comment pouvez-vous dire cela!...
ALBERT
Pourtant, le serment que j'ai fait devant Dieu de te protéger et de te rendre heureuse, celui-là du moins, rien ne peut l'anéantir!... je le renouvelle ici du fond du cœur, et je ferai tout pour l'accomplir!... Désires -tu quelque chose?... veux-tu voir Paris et ses plaisirs?... veux-tu des fêtes, des voyages, des parures? que sais-je, moit tout ce que peut souhaiter une femme? tout ce qui peut faire sa joie, ses plaisirs et son bonheur? le veux-tu? parité, parle! je te le donnerai!... MARGUERITE, étonnée.
Comment?... mais nia joie, mes plaisirs, mon bonheur, est-ce que tout n'est pas dans votre amour, Albert ? qu'est-ce que le reste auprès d'un tel bien ?
ALBERT, très-trouble.
Ne dis pas cela, Marguerite... ne le dis pas!... car il peut y avoir un secret qui se place entre nous pour m'éloigner de toi.
HARGCERITE, avec VU cri d'effroi,
Albert!
MAGASIN THEATRAL
ALBERT, allanl à elle, avec passion.
Mais non, non, c'est impossible!... Tu seras toujours là, près de moi... tu seras mon amie, ma compagne adorée, ma...
MARGIERITE, se jetant d'ins ses bras.
Oui, près de toi '...■ toujours sur ton cœur !... c'est là que je dois >ivre et mourirl... {Souriant.) Oh! comme tu m'avais fait peurl...
KUe l'ssuie une larme.
ALBERT, la re)>oussant.
C'est toi gui m'effraies. Marguerite !... MARGIERITE, po> tant son mouchoir à ses yeux, à elle-même avec etonnemcnt.
Encore !... mais il y a quelque chose que je ne puis comprendre I... Et s'il s'éloignait en effet?...
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SCEKE X.
BONNARD, au fond.
Une femme en pleurs I
II s'.iriêle et n'esl p.is \u.
Ah! la pauvre Marguerite alors n'aurait plus personne sur la terre.
BONNARD, s'avançanl.
Mais, parbleu si, vous auriez quelqu'un, car je suis là!
Mouvenienl d'AUjert el Je Marguerite.
MARGUERITE, (Honnée.
Que dites-vous, monsieur?
BONMARD.
Oui! vous avez en moi un protecteur, un ami dévoué à Marguerite deSenneville.
Vous savez mon nom ?
ALBERT
Qui êtes-vous donc, monsieur!
BONNARD
Qui je suisî... eh! qu'importe?... je trouve ici une charmante personne tout en larmes ..moi, monsieur, je ne peux pas voir le malheur sans le secourir et le chagrin sans le consoler... et parce que les jeux sont beaux, ce n'est pas une raison pour les laisser pleurer!... au contraire. \Il s'avance vers Marguerite. ) Je viens ici pour vous. MARGIERITE.
Pour moi?
DONARB.
Oui, pour vous... Marguerite de Senneville, n'est-ce pas ?
Sans doute!
BONNARD, à Itii-mênie.
C'est mon cœur qui la devine, et celui-là ne peut pas se tromper. (.1 Marguerite, toujours un peu de côii; penUtniKju'.ilhert les examine.) Votre mariage fut-il volontaire?
Oh' oui.
BONNARD
Mais déjà le chagrin l'a troublé?
MARGUERITE, reculant.
Monsieur !
ALBERT
L'indiscrétion de semblables questions...
BONNARD
Je viens ici uniquementpoursavoir; il est donc juste que j'interroge quand je ne peux pas deviner... [Regardant attentivement Marguerite.) kytC quel plaisir je la regarde ! [,A Albert.) C'est qu'elle est ma foi bien jolie, n'est-ce pas ?
ALBERT
Ah ! sansdoute!
BONNARD, allant à Albert.
Voyez donc son embarras!... quelle charmante
femme!... cl quel dommage qu'elle ne soit pas
heureuse!
ALBERT, vilement.
Ah! vous avez raison, monsieur, personne mieux qu'elle ne mérite de l'être.
J'avais vu cela sur son aimable physionomie Je parie qu'elle a toutes les vertus.
ALBERT, vivement.
Et vous ne vous trompez pas.
BONNARD, lui prenant la main.
Merci, monsieur, pour ces bonnes paroles, et pour l'intérêt que vous montrez à celle jeune femme, cela vous a gagné ma con6ance. {A demivoix.) Tenez, entre nous, n'est-ce pas un malheur qu'on l'ait mariée à ce comte?
ALBERT, soupirant.
Ah!
BONNARD, à part.
Je gagerais que celui-là n'est pas un grand seigneur, ça se voit tout de suite.
.4LBERT, à lui-mt'me.
Ah! c'est ce M. Bonnard quia pris Beauséjour pour moi.
BONNARD
Pourquoi diable avoir été choisir le mari de cette jeuiie femme parmi les descendans de ces grands d'autrefois si frivoles et si dangereux?... c'était risquer son bonheur... mais me voici pour la protéger, et même pour l'arracher, s'ille faut, au sort malheureux qui la menace.
Ciel!
ALBERT
El de que! droit, monsieur, osez-vous ainsi vous ériger en censeur de la conduite des autres!
Monsieur, quand on a honorablement acquis par son travail une fortune qu'on emploie utilement, on a le droit de blâmer les folies des gens oisifs et inutiles; quand un est honnête homme, on a aussi le droit de démasquer les actions qui ne sont pas honnêtes; mais j'ai de plus que tout cela, monsieur, un droit incontestable... c'est que le seul inlcn't (jui rcsle à ma vie est placé aux mains d'uu de ces hommes qui ont appris de
]>rARGUERITE.
leurs pères à tout sacrifier à leurs plaisirs et à leurs passions, et je tremble, monsieur, que les vices de ses aïeux n'aient été transmis, avec leur héritage, au jeune comte de Saint-Méry.
HADGIERITE.
Oh!
ALBERT
C'en est tropl... et...
EONNARD.
Ne vous emportez pas, monsieur.
ALBERT. repretidiiC avec calme.
Non!... c'est avec calme que j'oserai vous dire qu'il sied mal a un homme raisonnable d attaquer ainsi en général les riches et les puissans d'autrefois Avant de condamner sans pitié les torts du passé, regardez bien si le présent en est tout-â-fait exempt ! Mon Dieu, parce que les fortunes datent d'hier, sont-elles toujours bien acquises?... parce qu'on ne paye pas magnifiquement ses folies, en est-oti plus sage? Parce que l'on condamne les duellisle-s, au lieu de se battre, en est-on plus noble?... Si les manières sont plus grossières, couvrent-elles une plus rigide vertu? et le luie, les broderies et les parfums ne valaient-ils pas bien l'odeur de l'écurie et celle du cigare ?
BONNARn, souriant.
C'est possible!
ALBERT
Laissez la passion accuser les grands d'autrefois ; la raison, monsieur, voit clairement que les plus petits les imitent bien vite dès qu'ils sont à leur place... Qu'un de vos jeunes républicains ait un peu d'argent, il achète des meubles Louis quinze, et singe des airs de Richelieu î n'accusez donc des travers qui vous blessent que la faiblesse commune à tous. . et s'il est des hommes comme vous, monsieur, qui gardent dans l'opulence loutrs les idées généreuses, nous les en estimons d'autantplus que c est réellement une vertu bien peu commune.
BONARD
Pour un homme de votre âge. voilà des paroles pleines de sagesse... mais, pour me comprendre, il faudrait savoir ce que le nom de Saint-Méry éveille de tristes souvenirs ; car jadis, parmi les amis du vieux comte, amis de pl.iisirs, bien entendu, il en fut un nommé Senneville.
Mon père?
ALBERT, troubli.
Senneville?
BONNÀRD.
Senneville que de dangereuses amitiés ont perdu, monsieur!... Sa fille pourrait-elle m'apprendre au juste le sort de son pèreî
J'étais enfant, monsieur, quand mon père me fut subitement enlevé par un accident, m'a-t-on dit.
BONKARD.
Oni, par un duel I... avec quelque compagnon de ses folies, sans doute.
ALBERT
Les années ont passé sur ce triste événement ; pourquoi donc en rappeler les détails devant sa Glle?
BONNARD
C'est que sa fille devait, à la mort de son père, hériter d'une fortune considérable.
Jamais !.. Ma mère mourut sans ressources, et la charité seule a pris soin de mon enfance.
BONNARD
Qui donc a ravi la fortune de Senneville?
ALBERT, trâs-émii.
Était-il riche, en effet?
J'en ai la certitude!... Celui qui a tué Senneville, je ne le connais pas encore, mais je le connaîtrai.
ALBERT, n part.
Ahl
BONNARD, l'tOIlllé.
Vous semblez interdii, monsieur!
ALBERT, essayant {le cacher son trouble.
De vos étranges questions... de cette étonnante curiosité qui vous fait fouiller dans un passé que le temps a dû effacer.
BONNARD
Et pourquoi, monsieur, le temps effacerait-il un crime dont la victime n'est pas vengée?... Pourquoi les richesses de Senneville ne reviendraient-elles pas à son enfant?... Pourquoi la honte et le malheur ne s'atlacheraient-ils pas enfin au coupable qui a joui si long-temps de l'impunité?... E>t-cc parce que son nom serait noble, honoré, brillant?... raison de plus pour lui arracher un masque d'honneur qu'il n'aurait pas le droit de porter.
ALBERT
Monsieur!...
MARGUERITE, à part.
Comme Albert est ému !
ALBERT, reprenant un peu decalme.
Mais, pour jeter le trouble dans une famille et le scandale au monde, il ne faudrait pas, monsieur, écouter de vains bruits ou une aveugle haine... il faudrait même qu'un intérêt bien puissant...
BONNARD
Ah! l'intérêt le plus cher, le plus sacré me conduit, monsieur!... et pourtant, j'ai voulu voir, examiner, interroger!.. J'ai voulu savoir tout ce qui regardait le malheureux Senneville et son enfant!... et j'en ai îe droit, monsieur, car Senneville, c'était mon frère!... et cette femme, c'est ma nièce!
ALBERT
Qu'enlends-je ?
Est-ce possible?
MAGASIN THEATRAL
BONNAnD, prenant Mai-guerite dans ses bras.
Mon frère esl mort, monsieur, et ma nièce est en pleurs!... Demander compte delà mortde Senneville et du bonlie\ir de son enfant, voilà toute ma vie!... voilà pourquoi je suis venu!... pourquoi j'interroge'.... pourquoi je reste I... cela vous suffit-il, monsieurî
ALBEBT, Irfsirouhlé.
A moi comme a tous!. . et cependant, avant d'initier le public à de terribles secrets, voudrez-vous me tout confier?... me parler à moi?... m'entendre ?
BOSNARD.
Sans doute !
MABGCEBITE, avec dignité.
Je ne sais pas ce que je dois craindre, mais je dois attester ici que le comte de Saint-Méry m'a offert sa main , à moi pauvre fille orpheline ! que j'ai promis à Dieu et à lui de le laisser à jamais disposer de mon sort!... que, bonheur ou malheur, j'accepte la destinée qu'il voudra me faire, et que je n'aurai point d'autre volonté que la sienne!
Air ; Un Page aimnit la jeune Adèle.
A son destin p"«r jamais asserWe, Je lui promis amour et dévouement :
Quanti j'.'i juré He lui donn-r ma vie, Croyci-le bien, j'ai compris mon serment!
Oui, le ciel, que pour lui j'implore, Me dit : sois là, s'il a besoin d'appui! Et le malbeur me sera doux, encore.
Si le malheur me frappe auprès de lai!
BONNARD, ô lui-même.
Ces mauvais sujets ont-ils du bonheur!... s'il y a une femme parfaite, c'est pour un mari qui la rend malheureuse !
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