SCENE XII
HARGCERiTE, (/!ii 0 reijardC Albert avec alleiuion Albert 1...
ALBERT, très-agité.
Hélas ! les événemens sont-ils plus affreux encore que je ne le croyais ?
MARGUERITE , allant à lui et lui prenant la main.
Albert, votre front est pile et votre main tremblante?... vous souffrez?... Je ne vous demade pas votre secret... mais la présence de mon oncle vous trouble et vous effraie ?... je devine qu'elle peut apporter du malheur!... et moi je ne connais dans ce monde que vous seuil... Eh bien fuyons!... partons ensemble!... à l'instant!... ■Vous m'avez donné un rang et de la fortune... mais vous pouvez bien plus encore!
Comment ?
Laissez-moi, près de vous, partager vos chagri ns et vous en consoler!... Et s'il fallait braver les dangers, la misère, Albert, j'aurais fait un bel échange!... je n'étais que riche, je serais heureuse !
ALBERT
Ah ! si je n'avais à supporter que des infortunes ordinaires, que lu les effacerais vite !... mais mon cœur, depuis un mois, lutte à tes côtés entre un devoir qui commande et une passioa violente qui m'agite!
MARGUERITE, à part, avec angoisse.
Ah ! c'était donc vrai ?
ALBERT
Long-temps j'hésitai avant d'initier votre cœur si pur à de tristes et coupables événemens !... Vous ne savez de la vie, Marguerite, que ses rêves doux et tendres!. . que ce qu'elle a d'idéal 1 car vous en êtes encore à l'espérance sur toutes choses ; et il m'était cruel de détruire en un jour tant de belles illusions!
Qu'avez-vous donc à dire?
ALBERT, hésitant.
Puis j'avais espéré que nous pourrions rester ainsi ensemble; que l'éclat d'un nom honorable, les plai.«irs du monde et mon amitié pourraient rendre votre existence brillante et heureusel... mais la curiosité froide et cruelle de ce qui nous entoure, l'arrivée de ce parent qui vient chercher une vérité qu'il eût fallu cacher... enfin une crainte nouvelle et terrible... mon nom que je crus sans tache, qui doit l'être, j'en suis sur !... qu'aucune action de ma vie n'a pu flétrir!... ch bien, s'il était attaqué... déshonoré?...
HARGOERITE.
Grand Dieu!...
ALBERT
Que t'aurais-je donc apporté, Marguerite, à toi dont la vie devait être heureuse et paisible? à toi dont le cœur a besoin de tendresse et d'amour!... je t'aurais apporté un cœur agité, combattu, qui renferme un secret cruel!... puis je t'aurais donné un nom dont tu rougirais... et peut-être une fortune qui ne m'appartient pas?... ah! c'est affreux !
MARGDBRITE.
Arrêtez, Albert !... Et que m'importe un rang et une fortune?. .. Mais vous aviez raison... j'en suis encore aux rêves et aux illusions, car je croyais que mon mari serait heureux de mon amour I... que cela suf tirait à son bonheur comme au mien !.. enfin que j'en serais aimée comme je l'aimais !
Elle s'.issiej et se caclie I.T tête dans les mains en pleurant.
ALBERT, allant à elle.
Ah ! je dois tout vous dire!... sachez donc...