Maria Chapdelaine
Précédé de deux préfaces: 'par M. Emile BouTROUX, de l'Académie française, et par M. Louvigny de Moxtigxy, de la Société royale du Canada.
Illustrations originales de Suzor-Côté
Ouvrage honoré d'une souscription du Secrétaire d'Etat du Canada et du Secrétaire de la province de Québec
MONTREAL J.-A. LeFebvre, éditeur,
LA COMPAGNIE d' IMPRIMERIE GODIN-MENARD, LIMITÉE 41, RUE BOXSECOURS, 41
Droits réservés, Canada, 1916, par J.-A. LeFehvre.
Entered according- to Act of Congress in the year 1916 by
J, A. LeFebvre,
in tlie Office of the Librarian of Congress, at
Washington,
De cet ouvrage il a été tiré à part:
40 exemplaires sur papier spécial. Chacun de CCS exemplaires est numéroté en rouge à la presse.
L'auteur de MARIA CHAPDELAINE
Louis Eémon est né à Brest {France) le 13 octobre 1880. Il est mort à Chapleau (province d'Ontario, Canada) le 8 juillet 1913, victime d'un accident de chemin de fer.
Il a fait ses études à Paris, passé sa licence en droit et obtenu le diplôme des langues orientales vivantes.
Le trait dominant de son caractère a toujours été Vamour de V indépendance, des voyages, de la vie en plein air, et le désir d'étudier sur place des mœurs et des habitudes différentes de celles qu'il avait vues.
Ses débuts littéraires remontent à 1904. Un journal de sports, le Vélo, avait ouvert un concours. Louis Eémon envoya La Rivière. Un membre du jury, avocat à la Cour d'appel de Paris, chargé d'un premier travail d'élimination, remarqua, parmi les envois, cette nouvelle qu'il signala au jury comme ''remarquable par la tonalité du style, la robuste cadence des idées faisant prévoir que l'auteur deviendrait un jour un des plus purs écrivains français". Louis Eémon obtint à l'unanimité le prix d'honneur.
Il devint collaborateur du Vélo. Ce journal fit place à TAuto qui débuta en organisant un concours litté-raire (février 1906). Louis Eémon y obtint aussi le premier prix. Il resta jusqu'à sa mort collaborateur de ce journal, y écrivant des articles d'en-tête, misportifs, mi-littéraires.
Il fit un long séjour en Angleterre pour y apprendre à fond l'anglais qu'il parlait comme le français. Il publia alors une nouvelle, Lizzie Blakeston (Le Temps, Paris, mars 1908), qui fut remarquée dans le public parisien par l'instinct du style et la vérité du sentiment.
Divers journaux de France publièrent des contes et nouvelles de lui. Le 12 janvier 1912, la Patrie de Montréal publiait aussi de lui un article, Québec, ville française.
Louis Eémon a vécu au Canada dix-huit mois, en T912 et 1913, passant des mois entiers dans les fermes, faisant les travaux des champs avec les paysans pour les étudier de près. Il séjourna dans la région du lac Saint-Jean, à Roberval, à Saint-Gédéon et particulièrement à Péribonka. C'est dans ces longs séjours qu'il composa Maria Chapdelaine,