SCENE PREMIERE
DOM LUIS
MARU, DON LUIS, JUANA, FELIPA.
Au lever du rideau, Maria, Juana r^FrJipa sont assises el oreujse'es d'ouvrages de femmes ; Don Luit est debout cotre Maria el Juana.
MARIA
11 faudra donc nous rendre aux voeux de noire pèrcT
Nota Les personnages plarti en tête des scènes comme ils d«-i\
Sa leUrc m*a promis le bonheur, ei j'espôrc.
MARIA
Don Luis, depuis hier, a fait mieux qu'espérer.
DOM LOIS
Pour l’hymen qu'il prescrit j’ai dû lout préparer
•ni au ll*i «lr<- ; le premier oc< upc la droite derjct» ur.
MAGASIN THEATRAL
MAftU.
RelUex'DOus encor les ordres qu'il nous donne.
DOîi LUIS, tendrement.
Juana aans regrel fera ce qu’il ordonne?
JCAN*.
Obéir à son père est un devoir si doux !
VARIA
Suilout quand il envoie un jeune cl noble époux.
JUANA
Méchante I ;
FCLIPA.
Maria » soyez plus généreuse :
Regardez votre sœur, vous la rendez honteuse. ■AniA.
l’ourquoi rougir? don Luis mérite soa amour!
Je ne rougirai pas, moi, quand viendra mon tour.
JCANA, iouriant et mystérieusement.
Rl ce momcDl peut-être est plus pics qu’on ne non LUIS. [pense.
De ma tendresse enfin j’obtiens la récompense j Le voilà cet écrit qui comble mon espoir.
VARIA , Foioiunt.
Kl qui dicte à ma sœur un si cruel devoir, l.isez, nous écoutons.
DO!t LCis, lisant.
’ • a Depuis plus d'une année,
» A don Luis d’Apuilarnia parole est donnée j •**pe J^ana qu’il devienne l'époux :
n Dans Ici jours désastreux qui se lèvent pour
[nous,
*» Lorsque don Pèdre monte au trône de Castille,
» Et au’un devoir sacré m’enlève à ma famille,
» Je veux lui donner un appui;
U Don Luis accomplira ce que j'alteuds de lui,
» Et mes filles pourront braver le sort contraire,
» L’une près d’un époux, cl l’autre auprès d’un
[frère.
» Du feu roi, mon ami, respectant les erreurs, n A son dernier désir je resterai fidèle; n Pour scs fils, menacés par d’aveugles fureurs, w Je garde de Moron la vieille citadelle; n Si de don Pedre un jour les soldats triomphans H De dona Lconor poursuivaient les enfans,
P Je pourrais à la haine arracher scs victimes, n Et d’un amour roval les fruits illégitimes P Trouveraient un asile aux murs que je défends. U Qu’on exécute donc ma volonté suprême ;
P Don Luis, dés ce moment, armé de tous mes
[droits ,
» Se rendra, sans tarder, prés des filles que J’aime, 9 Et j’espère qu’avant un mois 9 Aux lieux où je commande un messager fidèle 9 M*aura de son hymen apporté la nouvelle.
9 Don Ruy de Padilta. »
Varia , à Jitana.
Les ordres sont précis; Tu ne pournis pas même obtenir un sursis.
JUANA
Je n'en demande pas.
VARIA , souriant.
Comme clic est résignée !
DON LOIS, à Juaiia.
Le saint prêtre est venu, la chapelle est ornée, Et demain vers l’autel disposé par nos aoiiMH. MARIA, se levant.
Peut-être votre hymen aura-t-il deux témoins Que vous n’atlcndcz pas ?
Juans et Felipa se lèvent.
DON LOIS
Quel est donc ce mystère?
Et qui vient visiter ce cb&teau solitaire?
MARIA
Un noble et bon parent, dunl la tendre amitié A de notre abandon daigné prendre pitié.
DON LOIS , vivement.
Don Diego peut-être?
Oui, vraiment, c’est lui-méme!
Est-il mal qu’un parent nous visite cl nous aime?
DON LOIS
Non ! mais pourquoi quitter et Séville et la cour? Prés du jeune don Pédre on dit que chaque jour Augmente sa faveur cl grandit sa puissance :
Assidu compagnon des vices qu'il encense,
Il court à la fortune en oubliant l’honneur.
FELIPA.
Oh ! comme vous parlez du roi noire seigneur!
JOANA.
El de notre parent, qui deviendra le vôtre !
MARIA
Il connaît l’un à peine, et n'a jamais vu l’autre.
DON LUIS
Don Pèdre, avec sa mère, à Cca retiré ,
A lu cour du feu roi ne s’est jamais montré,
J'en conviens.
VARIA
Pourquoi donc juger, sansle connaître.
Un prince que le ciel a créé votre maître?
DON LUIS
Les récits de la cour l’ont pu faire juger.
La cour n’a jamais fait de récit mensonger?
DON LUIS
Avec quelle chaleur vous prenez sa défense 1
MARIA
Je sais que l’infortune assiégea son enfance. Qu’il cul, pendant quinze ans, à sc plaindre du Et j'attends pour blâmer. [sort,
DON LUIS
Ne grondez plus t j'ai tort!
Mais quel autre témoin?
JUANA
Un digne gentilhomme.
^ DON ICIB.
Jeune?
rUANA.
. Jeune, cl surtout fort aimable
DON LOIS
JllANA-
11 se oommeT..'
Don Mendez de Posa.
DON LUIS
€c nom m’est iocoonu :
Et d«D» celte retraite U est déjà venu T
JDAMA.
Avec don Diego bien des fois.
non LOIS, à pari.
Ab! je tremble 1
MAKTA.
Notre parent ramène, ils sont toujours ensemble. iOAMA , à don Luit.
Ses grâces, son esprit vous plairont comme à nous, non LOIS.
J'CD doute, Juana.
MAaiA , vivement et avec galtc.
Ma sœur, il cal jaloux.
JUAKA.
Se peut-il 7...
DOa LOIS.
Moi, jaloux ? non î mais, je le confesse, L’aspect d’un étranger m’importune et me blesse; Peut-être, loin d’un père et loin d’tin fiancé, Avec plus de prudence ou se fût moins pressé.
■AniA.
Quoi ! même avant l’hymen le soupçon qui s’éveille I Que fera-t-il plus tard, s’il soupçonne la veille?
OOK LOIS.
Allons , je vois qu il faut se montrer généreux ;
On pardonne aisément alors qu’on est heureux.
MARIA
Puisqu’à nous accuser votre bonté renonce, Écoutez, c’est le bruit du cor! il nous annonça Ou avec don Diego don Uendez de retour S’arrache encor pour nous aux plaisirs de la cour.
JOAKA.
La chasse les relient dans notre voisinage.
« MARIA
Don Luis daignera-t-il éclaircir son visage?
non LOIS.
Dès que de ma demeure il a touché le seuil ,
Mon hôte trouve en moi franchise et bon accueil. MARIA, souriant.
Pourquoi donc nous blâmer quand nous suivons
[vos traces?
JOARA, tendant la main à don Luis.
Noble ami , Juana vous aime et vous rend grâces.