ACTE DEUXIÈME. 3t
s'occuper de moi pour avoir le droit de resier plus longtemps pas trop loin de ma grande sœur. C'est un manège très connu... Ah! ma chère Marthe, que tu feras une jolie comtesse !
Tu es absurde, Simone.
SIMONE
Et lui, l'aimes- tu?
MARTHE
Comme tu y vas!... Évidemment je le trouve très bien... quoiqu'il ne soit pas toujours excessivement aimable avec moi.
SIMONE
Justement, tu l'intimides. Cela encore, c'est connu.
MARTHE
Béte, va ! Comment veux-tu qu'un homme si élégant, d'une si grande fortune et d'un si beau nom, songe à une petite bourgeoise comme moi?
SIMONE, s'échauffanl.
Et pourquoi n'y songerait-il pas? Est-ce que tu n'es pas assez belle et assez bonne pour être aimée, même du plus grand seigneur du monde? Vraiment, tu lui prêtes des sentiments trop ordinaires. M. de Tièvre n'est pas comme les autres! Je jurerais que celui-là n'a aucun des préjugés de sa caste, et qu'il se mariera selon son cœur. Ah! ma chère Marthe, que tu seras heureuse avec lui!...
Un silence.
38 MAKL\C,E BLANC.
MARTHE
Tout ce que tu viens de dire là, c'est bien ta pensée?
Absolument.
MARTHE
Vois-tu, il n'en faut pas parler à la légère, m'aflirmer ce dont tu n'es pas sûre... Ce n'est pas que je me sente pour lui une de ces passions...
SIMONE
Tant pis, Marthe, tant pis, tu as tort.
MARTHE
Il ne me déplaît pas, voilà tout... Mais songe! si je te croyais d'abord, si je le laissais voir... malgré moi... et si je découvrais ensuite que tu t'es trompée... ce
serait si humiliant! (Elle ?oit, paria baie du fond, Jacques raraîlre à la grille du jardin). Lui !
Elle se précipite, pour gorlirj vers la inrle t!e droïL-^
SIMONE
Pourquoi te sauves-tu?
MARTHE
Je ne sais pas... Après ce que tu m'as dit, il me semble que je n'oserais pas lui parler tout de suite*
SIMONE
Avoue que tu vas changer de robe*
MARTHE
Oh! non , (;a, je n'v pensais pas... Bien vrai î... hiode»