CORRESPONDANCES SECRÈTES
M. DE Lescure. Paris, Henri Pion, 1866, 2 vol. in-8. (AT. Lb » 6180].
Publiée sur une copie exécutée par M. V. de Porochine, ancien professeur de rUniversité de Saint-Pétersboui^, d'après un manuscrit provenant de la bibliothèque Zalnski incorporée en 1795 à la Bibliothèque impériale de Russie et comprenant cinq volumes in-4 intitulés : Bulletins de Versailles, 1777-17S2.
Par une série d'inductions plus ou moins plausibles, l'éditeur s'est efforcé d'établir que la paternité de cette correspondance, adressée, selon lui, à Stanislas Poniatowski, pouvait être attribuée à Jean-Louis Favier (mort en 1784), chef de la correspondance secrète dirigée par Louis XV, ou à Du Bncq, premier commis de la marine sous le ministère Choiseul. Rien absolument ne Justifie ces conjectures en ce qui touche la personnalité du rédacteur ou celle du destinataire. Le manuscrit de Saint-Pétersbourg est de la main d'un copiste, et toute trace d'envoi a disparu.
M. de Lescure ignorait d'ailleurs qu'il existe au moins deux autres copies de cette correspondance, l'une à la Bibliothèque Royale de Berlin, l'autre retrouvée en Suède il y a quelques années.
Durant un très court séjour à Berlin et en raison du règlement suranné appliqué à la communication des manuscrits de la Bibliothèque Royale, Je n'ai pu procéder qu'à un examen fort rapide du premier de ces recueils, également intitulé Bulletins de Versailles, et Je me suis assuré que s*il présentait une analogie évidente avec le mss. de Saint-Pétersbourg, il offrait aussi des additions et des lacunes dont un nouvel éditeur aurait à tenir compte. Dans le texte transcrit par M. de Porochine manquent les mois de mars, avril, mai, Juin 1779, le mois de novembre 1781, les années 1783 et 1784 tout entières et, en le comparant à la copie dite de M. de Kageneck, j'y ai noté diverses autres lacunes partielles. Voyez le n» suivant.
44. — Lettres de M. de Kageneck, brigadier des gardes du corps, au baron Alstrômer, conseiller de commerce et directeur de la compagnie des Indes à Gothembourg, sur la période du règne de Louis XVI de 1779 à 1784, affaires politiques, la Cour et la Ville, mœurs du temps, publiées avec une préface, par L. Léouzon Le Duc. Paris, G. Charpentier et O^, 1884, in-8, 2 Cf. et xiii- 528 pp. [iV. Lb3»11327.J
Les originaux de ces lettres rapportés de Suède par M. Henri Foumier, ancien ministre plénipotentiaire, sont tous cachetés aux armes de Kageneck, d'où Téditeur a conclu qu'elles émanaient de ce personnage. Fils de Jacques-Armand de Kageneck et de Françoise de La Morliére, Jacques-Bruno de Kageneck, né à Paris le 18 Juin 1734, fut admis à quinze ans parmi les pages ; entré en 1751 aux gardes du corps (compagnie écossaise), U obtint en 1779 le grade de brigadier et prit sa retraite en 1783. Dans sa préfiice, M. Léouzon Le Duc insiste sur les facilités de
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tout voir et de tout savoir que donnait à Kageneck sa situation près de la cour, fait observer que les dates de ces lettres (1779-1782) coïncident précisément avec celles de ses années de service, qa*elles font défout pour Tannée 1783, époque de sa retraite, et que les quatre dernières sont écrites de Paris où il s'était retiré. « Sans exagérer Timportance de ces lettres, i^oute-t-il, nous ne craignons pas d'affirmer qu'elles pourront rivaliser avantageusement avec tontes les publications analogues relatives à la même période de notre histoire ». Or, il aurait suffi à M. Léouzon Le Duc de Jeter les yeux sur une de ces « publications analogues », mentionnées dans une note que lui avaient fournie son fils et M. Lucien Faucon, pour s'assurer que les prétendues lettres de Kageneck n'étaient, en réalité, qu'un duplicata d'une partie de la correspondance décrite sous le précédent numéro. Ni le cachet apposé par l'expéditeur, ni le nom du destinataire ne sauraient infirmer cette constatation. Souscripteur, comme beaucoup d'antres personnages du temps, de Tune de ces correspondances secrètes dont le mutisme des organes officiels assurait la fortune, le baron Alstrômer avait chargé Kageneck de lui foire tenir celle-ci sous forme de lettres particulières, et le cachet, encore intact, adhérent au revers des enveloppes, n'a pas assurément d'autre signification. Les deux recueils, qu'on me permettra de désigner par les lettres K et L, ne sont pas toutefois absolument semblables, et la collation attentive à laquelle Je me suis livré m'a amené à constater les différences suivantes :
1779. — L.es six premières lettres du recueil K (datées du 10 Juillet au 13 septembre) manquent dans L qui a en plus celle du 16-19 août, ainsi que les lettres 8-11 (26 septembre-17 octobre). La dernière phrase de la lettre des 5-10 décembre manque dans L.
1780. — Les n«« 22-55 (l*' Janvier-22 août) du recueil K manquent totalement dans L, ainsi que la lettre du 20 septembre (K 60). La lettre chiffh§e 70 dans K est, par erreur évidente, datée du 12 mars et non, comme elle l'est dans le recueil L et le doit être, du 8 décembre.
1781. — Dans le recueil K la lettre 82 (L 9) des 26-28 février se termine par deux pièces satiriques attribuées à Voltaire et supprimées par M. de Lescure : un conte inUtuIé le MoUnUte et le Janiiniste :
et une épigramme :
Père Simon, doucereux moUnltte, Frère Augustin, sauvage Janséniste.
Usé du Jeu que pratiquait Socrate, Un loyoliste auprès d'une béate...
Les lettres K 97 (12-16 Juin), 102 (17-19 Juillet), 116 (18-23 octobre), 118 à 122 (30 octobre-8 décembre) manquent dans L qui a en plus une lettre chiffrée 28 des 14-17 JuUlet.
1782. - Les lettres K 127 (7-12 Janvier), 143-146 a«M9 mai), 148 (1*^-9 Juin), 152- 155 (2-26 Juillet), 174 (2-6 décembre) manquent dans L qui a en plus deux lettres chiffrées 38-39 (25-27 novembre et 15-17 décembre). Dans les lettres K 151-L 19, K 164-L 28, K 172-L 36, il y a aussi, aux premiers et aux derniers paragraphes, des divergences à noter.
L'année 1783 manque dans les deux recueils et l'année 1784 n'est représentée
MÉMOIRES ET TÉMOIGNAGES
dans le recueil K que par quatre lettres (175-178, 6 tévrier-5 mars). On a vu plus haut que la copie de Saint-Pétersbourg ne reprend qu'au 26 Janvier 1785. A part quelques variantes insignifiantes et provenant des copistes, à part aussi quelques noms mal lus par le second éditeur, les deux publications font donc, comme on le voit, double emploi pour la mineure partie des années qu'elles embrassent. M. Léouzon Le Duc n'a Joint à son texte ni notes, ni index ; l'édition de M. de Lescure comporte un trop petit nombre de notes et une table anal3rtique quelque peu prolixe.
46. — Mémoires sur la vie et le caractère de M"* la duchesse de Polignac^ avec des anecdotes intéressantes sur la Révolution française et sur la personne de Marie-Antoinette de France, par la comtesse Diane de Polignac. Hambourg, P.-F. Fauche, 1796, in-8, x-52 pp. [AT. Ln «7 16465.)
P. v-x. Introduction (en anglais), datée de London, 1 January 1796. P. 1-2, Epttre dédicatoire à la dueheMse de Polignac, sœur de Fauteur. Voyez le numéro suivant.
46». — Mémoires de M">« la duchesse de Polignac, avec des particularités sur sa liaison avec Marie-Antoinette, reine de France, par la comtesse Diane de Polignac. PariSy au bureau général des nouveautés, an V, in-18, 108 pp. [N.Ln^ 16466.]
Le Discours de Véditeur (p. 7-12) est la traduction de Vlntroduction du précédent numéro.
46**'». — Mémoires de M. le Baron de Besenval, lieutenant-général des armées du Roi, sous Louis XV et Louis XVI, grand-croix de Tordre de Saint-Louis, gouverneur de Haguenau, commandant des provinces de Fintérieur, lieutenant-colonel du régiment des Gardes-Suisses, etc., écrits par lui-même, imprimés sur le manuscrit original et publiés par son exécuteur testamentaire, contenant beaucoup de particularités et d*anecdotes sur la cour, sur les ministres et les règnes de Louis XV et Louis XVI, et sur les évènemens du temps ; précédés d'une notice sur la vie de l'auteur. PariSy F. Buisson, an treizième, 1806, 3 vol. in-8. [AT. La30 6.J
En regard du titre, portrait dessiné par P.-H. Danloux et gravé par Dupréel. La Revue [ancienne Décade] philosophique (tome XLVII, p. 126) a inséré une
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protestation signée U.-J.-A. de Bbsbnvâl et de Bbsbnvâl le Jeune, datée de Soleure, 27 septembre 1805, contre cette publication fidte à leur insu par A.-J. de SéGUH. Le quatrième volume est composé de diverses fiintalsies en vers et en prose écrites par un groupe d*ofQciers durant Thiver de la campagne de 1767 et qui s'intitulait V Académie de Drevenkh, Un manuscrit, provenant sans doute de Ségur et renfermant presque tous les morceaux que Ton retrouve ici, est décrit tome III, n« 3857, du catalogue Soleinne.
46. — Mémoires concernant Marie-Antoinette, archiduchesse d'Autriche, reine de France, et sur plusieurs époques importantes de la Révolution française, depuis son origine jusqu'au 16 octobre 1793, jour du martyre de Sa Majesté ; suivis du récit historique du procès et du martyre de M»« Elizabeth, de l'empoisonnement de Louis XVII dans la tour du Temple, de la délivrance de Madame royale, fille de Louis XVI, et de quelques événements ultérieurs, par Joseph Weber, frère de lait de cette infortunée souveraine, ci-devant employé dans le département des finances de France et aujourd'hui pensionnaire de S. A. R. Monseigneur le duc Albert de Saxe-Teschen. A Londres, imp. Daponte et Vogel. Se trouve chez Fauteur, n» 40, Leicester square, et chez tous les principaux libraires de F Europe, 1804- 1809, 3 vol. gr. in-8. [AT. Lb » 77.J
Épior.
Quœque ipte miterrima vldi,
ViBG.
Tirage sur papier fort, orné de pi. gravées avec plus de luxe que de souci de la vérité historique.
Tome I*!*, en regard du titre de départ : Marie- Antoinette, reine de France et de Navarre, née 2 nov. 1755. (Edw. Stroehuno pinx,; L. Sghiavonetti, êculp.). P.42- 43, Marie-Tliérése-Charlotte d^Angoulême de France, ducliesse d*Angoulême, née le 19 déc. 177S (mêmes artistes). P. 162-163, Louis XVI (F. Boze pinx,, L. Sghiavonetti iculp.). P. 404, Louis XVII, roi de France et de Navarre (Ed. Strobhlino pinx., ScHiAVONETTi iculp,).
Tome 11, en regard du titre de départ : Louis XVIII, roi de France (Edw<> Stro- EHLiNG pinx,, L. Sghiavonetti scuZp.). P. 124, Charles-Philippe de France. (H. Dan- LODx pinx., L. Sghiavonetti iculp.). P. 306-307, Marie-Joséphine-Louise de Savoie, reine de France et de Navarre (sic) (Pinted at Venailles. L. Sghiavonetti Bculp.).
Tome 111, en regard du titre : Louis-Antoine de France, duc d*Angouléme (H. Danloux pinx., L, SGHUvoNErri sculp.). P. 98-99, pi. allégorique, signée : F. Weber ino. 1790, P. Audinet $culp., représentant la couronne et les fleurs de lys avec cette l^ende : « Lâche qui les abandonne ». P. 198, Elisabeth-Philippine-
Gcogle
MÉMOIRES ET TÉMOIGNAGES
Marie-Hélène de France, née le 3 may 1764 (Edw^ Strobhling pinx., Louis SchiavoNBTTi Mculp.), P. 400, Circulaire adressée par Weber à ses souscripteurs (l'ex. de la B. N., adressé au prince de Condé, porte des corrections manuscrites). Cette circulaire annonçait un supplément paginé en chiffres romains, intitulé : Notes biographique* de* chapitres V et F/, suivies elles-mêmes de Note* et développement* hi*torique* (cxi pp.).
47. — Memoîrs of Maria-Antoinetta, archduchess of Auslrîa, queen
of France and Navarre, including several important perîods of the french révolution, from its origin to the 16 *** of october 1793, the day of Her Majesty's martyrdom ; with a narrative of the trial and martyrdom of madame Élizabeth, the poisoning of Louis XVII in the Temple, the libération of Madame royale, daughter of Louis XVI, and varions subséquent events. By Joseph Weber, foster-brother of the unfortunate queen... Translated from the french, by R. C. Dallas, esq. London^sold bg the authoty 1805-1806, 3 vol. in-8 [N. Lb» 79].
Mêmes portraits que dans Tédition française.
Diaprés le catalogue imprimé du British Muséum, le tome II avait été traduit par R. Mat et le tome III par Mrs Jevbrs. Ce dernier volume manque dans Tex. de la B. N.
48. — Mémoires concernant Marie- Antoinette, archiduchesse d'Au-
triche et reine de France et de Navarre, par Weber, frère de lait de la Reine. Nouvelle édition. Paris, Baudouin frèreSy 1822, 2 vol. in-S. [AT. Lb»78.1
VÂDant'propo* de Barrièrb établit d'abord que les Mémoire* de Weber ayant paru à l'étranger, un petit nombre d'exemplaires aussitôt saisis avait passé la frontière, et ce serait même sur le seul ex. échappé à la police impériale que cette réimpression aurait été effectuée. Puis l'éditeur fait observer qu'il y a dans le texte des disparates trop évidents pour qu'il soit sorti tout entier de la même plume et désigne, par une allusion fort claire pour les contemporains, le marquis Gérard-Trophime de Lally-Tolendal comme le principal coopérateur de Weber. Mais la ff prolixité rebutante » d'autres parties de ces Mémoire* avait amené le nouvel éditeur à foire des retranchements nombreux ; de plus, il avait rectifié dans les notes des Jugements « trop peu impartiaux » et i^outé en appendices diverses pièces Justificatives. Weber protesta aussitôt contre les mutilations infligées au livre qui portait son nom. Voyez le n« suivant.
49. — Cour royale. Chambre des appels de police correctionnelle.
8 avril 1823. Appel du chevalier de Weber contre les frères
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Baudouin, imprimeurs. Imp. V^^ Porthmann, «. d., in-4, 15 pp.