PRÉFACE
Nous présentons au public, avec confiance, une quatrième édition soigneusement revue, corrigée, et mise au point des dernières conclusions de la critique historique, d'un ouvrage qui date de la fin de Tannée 1865, et auquel un cercle de lecteurs, de plus en plus agrandi, a toujours fait un bienveillant accueil.
Nous n'avons plus à reproduire, dans cet Avani^ropos, les considérations que nous exposions avec une vivacité que Sainte-Beuve qualifiait de « chevaleresque » et gourmandait sans trop la désapprouver* en faveur de cette mémoire, alors encore militante et souffrante, de la reine Mdô%- Antoinette.
Depuis quelques années, la lumière la plus complète s'est faite sur tout ce qui concerne la vie de cette illustre victime des révolutions; il n'y demeure plus aucun mystère irritant. Ce sujet, qui réveillait autrefois les haines et les colères, et où il était encore difficile de se défendre de la fièvre des anciennes luttes, est aujourd'hui assaini, purifié, apaisé. On n'y respire plus que l'air religieux de ces sanctuaires expiatoires, tardivement voués à la vérité, à la justice, et au seuil desquels les partis désarment, pour ne plus conserver qu'une opinion, ou plutôt qu'un sentiment : la pitié.
Nous ne rappellerons donc que pour nous honorer d'y avoir pris, des premiers, dès 1 863, une part active, le mouvement de revision du procès historique de la reine, et de réhabilitation de sa mémoire, inauguré en 1858, par V Histoire de Marie-Antoinette, de MM. Edmond et Jules de Concourt ; et nous nous féliciterons d'être sortis de cette polémique, passionnée de part et d'autres, à laquelle donnèrent lieu la publication