‹ MarieChapitre 49 sur 84 · EN REVENANT DU LIDO · texte numérisé non relu

EN REVENANT DU LIDO

Oh! malheur à celui dont la mâle constance Veut braver sa fortune et braver l'existence ; Qui, cent fois éprouvé, mais sourd à la frayeur S'obstine au fol espoir d'un avenir meilleur :

Au livre oii de tout temps nos heures sont prédites Ses yeux ne liront plus que des lignes maudites ; L'inflexible destin , d'un doigt mystérieux , Trace autour de ses pas un cercle impérieux , Et riant des combats où s'use sa faiblesse, Dans le cercle fatal le ramène sans cesse , Tant qu'épuisé d'efforts il tombe sans appui , Victime de lui-même et victime d'autrui. Lido ! Lido ! j'ai vu tes grèves désolées , Ton sable jaune et fin où , confuses , mêlées , On retrouve le soir les traces des serpents Au soleil de midi déroulés et rampants : Ici venait Byron, d'un œil mélancolique Il regardait au loin briller l'Adriatique, Ou, pour dompter son âme, il poussait au galop Son coursier hennissant au bruit de chaque flot ,

Et le noble animal écrasait les vipères Qui gagnaient en sifflant leurs venimeux repaires.., ?son, non, j'avais mal dit 1 Le courageux est fort. ^Marchons sur les serpents et triomphons du sort. Ah î si tels que Jésus lieureux dans les supplices , Souvent vous ne mettiez dans vos pleurs vos délices, Songeant que les pervers ne savent ce qu'ils font , Ou si dans un mépris silencieux , profond , Vous n'aimiez à garder vos amères pensées , Comme dans l'arsenal des flèches amassées , Hommes doux mais puissants, tout à coup au grand jour Montrez l'âpre vigueur que cache en vous l'amour, Saisissez le méchant , serrez-le sans relâche , Et bientôt vous verrez le front pale du lâche !

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