‹ MarieChapitre 53 sur 84 · L'ASILE · texte numérisé non relu

L'ASILE

Reposons-nous ailleurs, le doute a hérissé De trop de dards aigus la couche du passé. Mais croire, mais aimer quand toute àme s'envole Et quand chaque matin voit tomber chaque idole!

Cependant, il le faut, croyons, aimons encor, Croyons bien aux plaisirs et pour eux aimons For , Croyons à cela seul qu'on ne doit plus rien croire, Hors aux baisers cueillis sur un beau iTont d'ivoire Dieu mort, ils ont tué l'amour et l'amitié : Croyons tous au malheur sans croire à la pitié , Et cherchons loin, bien loin, un asile suprèjne Pour oublier enfin les autres et nous-méme. O vous, frères amis, qui d'un monde hideux Voyageurs éplorés, êtes sortis tous deux, L'un éteignant sa vie au creux de la vallée , L'autre emportant au cloître une fune désolée, Mais tous deux expirant d'une si douce voix Que votre sol natal en agita ses bois, Ah ! s'il est loin du monde un lieu sur où l'on dorme, Répondez, Amaury, dites, Joseph Delorme,

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