‹ MarieChapitre 62 sur 84 · LETTRE A LOÏC · texte numérisé non relu

LETTRE A LOÏC

Au pays de Kerné, toi qui sous un vieux maître Appris tant de latin qu'on t'appelait le prêtre , Habile clerc, dis-moi si la fleur d'or Sur les landiers de l'Aven brille encor.

Ici les lieux sont tels que dans l'antique idyle : La vigne est fraîche et pend aux branches de l'ormeau Chaque vallon renvoie un bruit de chalumeau , Et voici l'humble case avec son toit d'argile. Prends garde, pèlerin! sous ce vert coudrier Une bergère fuit l'appel du chevrier ; Le bouc saute à Fentour ; aux cris de la cigale L'amoureuse colombe en paix couve ses œufs; Le taureau va suivant sa compagne, et les bœufs Au loin, le long des prés, tondent 1" herbe inégale.

Habile clerc, dis-moi si la fleur d'or Sur les landiers de l'Aven brille encor, Au pays de Rerné, toi qui sous un vieux maître Appris tant de latin qu'on t'appelait le prêtre.

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