ACTE II, SCÈNE V. 3l
Alors que le pouvoir n'est point un he'ritage , C'est des hautes vertus qu'il devient le partage. Je sais que des guerriers se plaisent dans Terreur Qu'on peut être tyran, dès-lors qu'ion est vainqueur ; 0;i a vu sur un front que la gloire environne, Au milieu des lauriers , s'e'lever la couronne ; Mais ces guerriers du moins avaient sauvé l'état , L'éclat de leurs exploits cachait leur attentat l
LE PRÉSIDENT
L'intrigue a trop souvent enfanté l'esclavage (...•
TRISTAN
Oui 5 lorsque des tribuns , sans vertus, sans courage^
Méconnaissant la voix de la patrie en pleurs ,
Trafiquaient froidement du prix de ses malheurs ;
Vendaient la liberté ; la mettaient a Tenchère ,
Et de leur trahison recevaient le salaire !
Mais vous, défenseur né de votre liberté ,
Qui servirez d'exemple a la postérité,
Vous saurez , contre tous , défendre la patrie !
Par Hngonnet jamais peut-elle être asservie ?
Un mot de votre bouche.... ouvrirait son tombeau !.
LE VB-ÉsiBBiiT y virement»
Je suis son ennemi , mais non pas son bourreau 1....
TRISTAN^ àpart,
A peine je contiens la fureur qui m'oppresse ,
Mais il le faut encor.... [hauU) J'ai vu votre princesse.
3U MAKIE DE LOUUGOGNE.
LE PRÉSIDENT
Que veut-elle?....
TRISTAN
Ecoutant les offres de ma cour , Et des troubles voulant empêcher le retour ^ Elle invoque la paix : « De'sormais , me dit-elle , )) A mes sermens sacrés je veux rester fidèle ; » Si le peuple a son tour se soumet au devoir , » Avec lui je veux bien partager le pouvoir : )) J^abandonne, k Louis, les remparts de Boulogne ; » Je remets , en ses mains , la fertile Bourgogne. » Princesse, répondis-je, ah ! croj^ez que Louis Vous laissera jouir de la paix à ce prix : Même il veut
Quels que soient les pensers de Marie , D'un adroit conseiller je crains la perfidie ; S'il ne peut, a son gré, soumettre les états , Demandant , a Louis , le secours de son bras , Ne peut-il invoquer un utile hymen ée ? La princesse , au dauphin, joindra sa destinée ! Il ne prévoit que trop que ce débile enfant, Ne pouvant supporter un fardeau si pesant , Lui laissera le sceptre !....
TRISTAN
Eh ! pourquoi cette haine?
Vos intérêts sont ceux de votre souveraine ! Protégés par Louis....