ACTE I, SCENE II. II
HUGONNET
Je suis fier d'inspirer un inte'rêt si doux !
MARIE
Eh ! n'avez- vous donc pas élevé mon enfance ? Laissez-moi me livrer a ma reconnaissance, Mon amitié pour vous est ma première loi ; Mais ne dois- je pas voir, avec un juste effroi 5 Régner ce président dont l'âme ambitieuse Fomente des états la haine audacieuse ?
HUGONNET
Le pouvoir , qu'il n'a pas , révolte sa fierté , Il hait l'homme puissant, plus que l'autorité; Son cœur, d'un plébéien affecte la rudesse , Mais ce masque iinposteur voile mal sa faiblesseà
MARIE
Cette même faiblesse excite ma terreur !... L'adroit Tristan, bientôt, s'emparant de son cœur j, Saura le rendre utile aux projets de la France : Quels maux fait présager uae telle alliance ! Us vous perdront !
HUGONNET
Déjà le conseil des états Semble', en votre faveur, revenir sur ses pas. Depuis que Ravestain épouse votre iujure.
LA DOUAIRIÈRE à Marie,
De ce chef de l'armée êles-vous donc bien sûre? Et comment expliquer l'excès de, son respect ? Nommé par les états , il doit m 'être suspect.
HUGONNET
Au conseil, que souvent sa franchise intimide, Comme dans les combats , il se montre intrépide j Trop généreux pour feindie, il n'en connail pas Part.
MARIE
La prudence, pour nous , se montre ici trop tard; De ses secrets projets eussions-nous tout a craindre, A ne lui rien celer, il a su nous contraindre ; Mais le voici.