SCÈNE IV
MÉLETOUT, L'ÉTOFFÉ.
■ MÊLETOt'T.
Il S en va ! bien !.. je puis faire entrer ma ganache ! L'Étoffé . venez donc !
L'ÉTOFFJi.
Il est temps que je sache .
Pourquoi vous m'amenez dans ce vilain endroit.
MliLETOlT.
Est-ce qu'à votre avis, je suis un maladroit? Fiez-vous à mes soins, à mon tact, à mon zèle.
l'étofkk.
Oui, vous me préparez queUpie farce nouvelle.
MÈLETOIT.
Ne m'avez-vous pas dit, vous-:nôme, le premier. Que vous voudriez bien, enfin, vous marier?
l'ÉTOFFÉ.
Eh bien ! je vous l'ai dit, et je vous le répète : Mais je veux épouser une simple fillette, Une Agnès, une enfant qui ne connaisse rien , Qui ne veuille pas prendre un mari pour son bien, Dont le cœur ne soit point gâté par la lecture Des drames, des romans, dont frémit la nature; Qui n'aime point ces lieux où. Iropéblouissans, Les plaisirs vont au cieur par la porlc des sens. Je ne veux épouser qu'une tille farouche. Qui n'ait jamais dansé le cancan . la catchouche, Quelle sf>il toute jeune , et je tiens à ce point , Qu'elle raisonne peu, qu'elle n'écrive point. Surtout pour le théâtre, et soit, pour mon bien-être. Innocente... comme un enfant qui vient de naître.
MFIFTOir.
Et je vous prends au mol , j'ai trouvé votre fait ;
MUSÈV. DlWMATlQir..
.Iiiiez (loue (I ('poiist'i-. si la lillc vous plail.
.h; |)r<''ton(ls (luelle soit, au dernier point uaïve.
Fraîche comme une fleur quand le printemps arrive .
Que ce soit en un jnol in^e femme qui n'ait,
S'as lin dt'faut de plus, qu'un jeune enfant qui nrsil.
1,'UTOFFÏi.
A ce prix je consens.
MÈLETOIT.
Je vais trouver le père.
Kt Idenlôt vous verrez la fille.
l'étoffé.
Je l'espère.
MÈLETOIT.
Et si vous convenez tjue je n'ai pas menti ,
En déterrant pour vous un si joli parti ,
J'aurai , vous lavez dit , mes cent écus de prime ?
l'étoffé.
Vous aurez ceni écus, et de plus mon estime.
MÊLETOUT.
Cela fait cent écusl je crois qu'il est permis
De faire sa fortune en servant ses amis...
Dans !e monde, l'on voit l)ien souvent le contraire ! n «mt