ACTE I, SCENE VII
MARIE
Oui, mon ami ; depuis que nous sommes mari el femme, v'ià le premier moment où nous pouvons causer seuls une minute, et j'veiix en profiler...
BEKTRAND.
Eh ben ! c'est ça. causons... on plutôt laisse-moi l'embrasser... {IW embrasse.) J'ie dirai mieu.\ comme ça tout ce que je pense...
MARIE
Tu m'aimes donc bien sincèrement ?
BERTKAND.
Est-ce que tu peux en douter?
MAIUE.
C'est que, vois-tu , il l;iut que j'en sois bien convaincue pour nie rassuier loui-à l'ail... 'l'on amour , Jîeilryiid, c est mon uitiquesalut pour l'avenir... (Juaud je lai choisi pour mon mari , tout le monde ma dit : t Vous avez tort, Alarie Jeanne... »
BEIITKAND.
Des méchans... des envieu.x ..
MAIUE.
Non... c'étaient mes anus... les tiens même... ceux qui nous connaissent tous les deux... Vous êtes une lille hdjourieuse et sage, qu'ds me disaient... Bertrand n'a jamais aimé que le plaisir... Le temps que vous passerez à l'ouvracçe, il remploiera à s'amuser... l^'argent que vous- gagnerez à foice de travail, il le dépensera pour boire...
BERTRAND
Jamais ! jamais, Marie... J'ai été bambocheur, c'est vrai... mais à présent... à présent, c'est (lui !
MARIE
M«)i, je n'ai tenu compte île rien , je n'ai pas écoulé leurs conseils... J'suis venue l'ianchement à loi el je t'ai dit : .^1. Bertrand, m'aimez- vous assez pour dire adieu à votre existence passée? El tu m'as répondu : Oui.
ÎO MARIE- JEANNE.
BERTRAND
Et je le le dis encore... une bonne petite femntel qui s'est liée à moi, le plus mauvais sujet du chantier, où nous sommes cent cinquante... Après un trait pareil , mais je serais un gueux, si je te refusais quelque chose !
MARIE
Alors, si je te demande le sacrifice d'un vilain défaut et d'une vilaine connaissance...
DKIUKAND.
Accordé... Voyons le défaut. ..
MARIE
Tu le sais bien...
BERTRAND, /(/is«n/ Ic Qoste clc tenir un verre.
De ne plus boire!... .Je le le jure... et tu peux être lran(|uille... Je .«-ais cque je couiiens... je m'anélerai toujours deux bouteilles avant mou compte.
M\RIE
Quant à la vilaine connaissance... c'est...
BERTRAND
C'est...
MARIE
C'est M. Rémy.
BERTRAND
Rémy !... lui... un vit-iix camarade d'enfance , que je n'ai pas quitté depuis dix-liuil jusqu'à trente ans !
MARIE
Eh ! justement , mon pauvre Bertrand !... souvienstoi donc de la vie que tu as menée pendant ces douze, années-la, et toujours, toujours par ses conseils... car loi... t'avais l'cœur bon...
Je ne dis pas... mais...
MARIE
Écoule, Bertrand, c't'hoinme-là, c'est ton mauvais géoie. 11 a été bien près de te perdre toui-à-fail... el