‹ Marie-JeanneChapitre 16 sur 85 · ACTE I, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IX

TnÉOBALD, entrant par le fond à droite. Pardon, mes amis ; vous êtes sans doute du pays ?

BERLiNGUET, nux (jois de la noce.

Un étranger... C'est sans doute un invité...

THÉOBALD

Puis-je VOUS demander?...

MARIE, le regardant.

Qu'ai-je vu ?...

THÉOBALD

Mais, je ne me trompe pas... c'est Marie-Jeanne?..,

MARIE

M. Théobald !... vous ici... aujourd'hui !

BERLINGUET.

Tiens... c'est le cousin du marié du château... il vient peut-être pour la noce.

THÉOBALD, à Marie.

C'est loi !... toi, que je revois la première à mon retour, comme lu as été la dernière que j'ai vue le jour de mon départ.

MARIE, à part.

Oh ! mon Dieu !... Lsl-ce qu'il ne sait pas ?...

THÉ0B\LD. ht regardant.

Eh ! mais, je n'avais pas remarqué... celte robe, ce bouquet, celte couronne... Tu te maries'?...

M^RiE.

Oui, monsieur Théobald... oui... Ah! dame, quand on s'absente comme ça pendant trois ans... il y a bien des jeunes lilles qu'on risque de retrouver mariées... Est-ce que vous n'avez pas eu de nouvelles de votre famille?

THÉOBALD

Pas depuis un an... J'ai parcouru tant de pays, que les lettres roc suivaient sans m'atteindra.

UARIE.

Alors, vous ne savez pas?... vous ne soupçonnes rien?...

It MARIE-JEÂNiNE.

THÉOBALD

De quel air lu me dis cela...

MARGUERITE

Ah ! c'est qu'y a bien du changement, aile* :

MARIE, bas.

Tais-loi...

TKÉOBALD.

Je devine... tu veux parl-^r de la mort de M"* Biissières, noire lanle. qui m'a dé.-hérilé au prolil de mon cousin Jules... mais, que m'importe !

MARIE

C'est lout ce que vous savez?... Oh ! M. Théobald , pourquoi êles-vous parii ?...

THÉOBALD

Pourquoi?... Parce que j'aimais ! .Marie-Jeanne...

MARIE

Et VOUS la quiiiiez ?...

THÉOBALD

Pouvais-je devenir son époux, moi , sans élat, sans forUine... lu si je me suis exilé voloniairemenl, c'était pour acquérir ct-s biens qui me maiH]iiaient , c'était pour revenir digne d'elle !... Trois ans se soni à peine écoulés, ei le ciel a béni mes elTorls, el je reviens plus heureux et plus riche que je ne n'osais l'espérer... Nul obstacle entre elle et moi, désormais... Je suis riche, Marie-Jeanne, je suis riche, el Sophie sera ma femme! Marie, à part.

Pauvre jeune homme... sa joie me fait mal ! BERLiNGL'ET, (jiiï cst reiiioiité vcrs le fond.

Tiens ! v'ià là-b;is tout le monde dans le parc... Ils vont se meure à danser... l'^h ! dites donc, si nousprofilions de leur musique en dansant ici ?

TOUS

C'est ça!... c'est ça !...

THÉOBALD

Uy a doDc une fêle chez M"* d'ADglemon. ?

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