‹ Marie-JeanneChapitre 34 sur 85 · ACTE II. T. I, SCENE VIII. l · texte numérisé non relu

ACTE II. T. I, SCENE VIII. l

Dieu n'abandonne pas une mère qui a son enfant à nourrir... (Elle tombe à genoux et comme frappée d'une inspiration.) Dieu! maisles hommes non plus ne l'abandonnent pas ! il y a un asile pour les orphelins ! un asile pour les pauvres enfans que les mères ne peuvent nourrir... les EnTans-Trouvés ! Oh ! non ! jamais , jamais!... {Elle se relève.) Quel autre moyen cependant ? Je n'ai plus rien ici ! plus rien à moi que je puisse vendre... Là , du moins, il vivra!... Je ne le verrai plus, mais il vivra ! J'en mourrai; oh! oui, j'en mourrai, je le sens , mais il vivra, il vivra !... (Elle prend son châle et s'élance dans l'autre chambre, dont la porte reste ouverte; et tandis que la scène reste vide, on entend la voix de Rémv. cellede Bertrand et de plusieurs autres, qui chantent dans la rue : ) Si l'empereur savait îa vie que nous menons, Il quitterait sa couronne pour se faire compagnon, II quitterait sa couronne pour se faire recevoir, Pourse faire recevoir, compagnon du devoir. MARIE, ropnraiss(tnt pôle et dcfnifc, et portant son enfant enveloppe dans son châle de façon qn on ne puisse le voir. .\ lions !...

Elle sort précipitamment.

DEUXIÈ.^IE TABLEAU.

La rue d'Enfer.

L'extérieur de l'hospice des Enfans TrDuvés , formant deux étages. Au milieu, une pelito porte bâtarde ; un boulon de sonnette à hauteur de main. A droite de la porte sont deux fenêtres, qui forment dans l'intérieur une salle bas^e : elles sont grillées toutes deux ; la prenuère, contre la petite porte, est éclairée à l'intérieur. En dessous est le tour où Ion dépose les enfans A droite un bouton de sonnette qui corresjiond dans l'intérieur. A ganclie de la petite porte en est

une grande à deux baltans, ayant au-dessus pour titre; Hospice dbs Enfaws-Trouvés et des GaPHELins. A droite, à la même auteurderinscriplion, est un bec de gaz au-dessous duquel est le numéro 74 ; sur le côlé, à droite, premier plan, est le coin d'une maison, un banc de pierre, pui» une borne. A gauche, au deuxième plan, un coin de maison.

SCEIHE ï.

Au lever du rideau, il fait nuit ; la rue est éclairée par le

bec de gaz et par un effet de lune.

RÉMYc« BERTRAND, entrant en chantant V air qu on a entendu dans le tableau précédent. Bertrand est ivre,

BERTRAND

Dis donc, Rémy!... Ah! ça , où allons- nous donc comme ça ?

RÉMY

Qu'est-ce que ça te fait ?

BERTRAND

Ce que ça me l'ail ? mais ça me fait marcher beaucoup trop.

RÉMY

Pourquoi as-tu voulu me suivre? Je l'ai diidem'attendre au cabaret...

BERTRAND

Au cabaret tout seul , jamais !... et puis, j'n'avais plus d argent... v'Ià poiirquoi je l'ai suivi ; mais, c'est pas une raison pour toujours marcher... et puis, ce satané peiii blanc que lu m'as fait boire... il m'a d'abord grimpé dans la tête et puis crac, ça m'est descendu dans lesjau^bes... Rien ne vas plus!

RÉMY

Repose-loi .. Tiens... j'crois que v'ià un banc... el dors... c'est ici que j'ai affaire...

^h! ça, où diable sommes-nous ici?...

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