ACTE III, SCENE V. W
APPiANi, S arrêtant.
Cue me voulez- vous, monsieur?
THÉOBALD
Ne me reconnaissez-vous pas, monsieur?
APPIANI, qui a tressailli après l'avoir regardé. Vous êtes, je crois , un ami , unparenlde M™® de Btissières ?
THÉOBALD
Ce n'est pas cel ami, ce n'est pas ce parent que vous connaissez, monsieur ; quand nous nous sommes rencontrés à Ferrare, vousne connaissiez que mon visage! et mon nom vous était étranger.
APPIANI
A Ferrare? (5e remettant.) je ne me souviens pas...
THÉOBALD
Dites qu'il vous plaîl d'ouljlier.
Soit... il me plaît d'oublier cette prétendue rencontre comme il vous plaîl, ce me semble, de ne pas vous rappeler votre position dans cette demeure...
THÉOBALD
Que voulez-vous dire, monsieur ?
APPIANI
Que vous aimez M™^ de Bussières ; mais que M™' de Bussières, comme elle vous l'a dit toul-à-1'heure , est engagée à un autre...
THÉOBALD
Ah ! vous savez déjà qu'elle m'a appris ?... APPIANI, d'xin ton hypocrite.
Oui, par hasard... j'étais là. veillant sur son bonheur... sur son enfant!,., et ce n'est pas quand elle faisait de moi l'éloge trop pompeux que lui dictait SOU cœur, qu'il m'était possible de me montrer...
THÉOBALD
Cesl-à-dire que vous écoutiez'
APPiANi, avec colère.
Monsieur!... {Se calmant (out-à-coup.) M. Théobald , l'amour le plus pur est toujours blessant pour une femme qui s'est donnée à un autre! La présence de l'homme qui ressent cette tendresse... malheureuse, est souvent gênante par celle qui en est l'objet! Vous êtes trop homme du monde pour ne pas le savoir... et s'attaquer à un rival préféré en employant contre lui la malveillance on la calomnie, c'est une action peu digne et peu loyable... vous êtes trop honnête homme pour ne pas savoir cela...
H s'incline et sort.