MARIE-JE.\NNE, SOPHIE
SOPHIE
Je l'ai revu... je l'ai embrassé!... oh ! je suis heureuse! bien heureuse!... {Appercevant Marie.) Ah! c'est VOUS que l'on m'a recommandée, sans doute?... Approchez... approchez...
MARIE
Oui, madame, oui ; je viens pour... {La regardant.) Riais... mais, je ne me trompe pas... M"*^ Sophie ! M'"*' de Bussières?...
SOPHIE
Vous me connaissez?... Attendez donc... je crois me souvenir... La jeune femme qui se mariait le même jour que moi?...
MARIE
il y a un an, oui, madame.
SOPHIE
Que j'ai rencontrée à l'église?
MARIE
Et à la grille de vol' parc.
SOPHIE
Marie-Jeanne!... (Regardant ses vétemcns.) Pauvre Marie-Jeanne!
MARIE
Oui, pauvre Marie-Jeanne !... Vous regardez les vètemens qui me couvrent? mais ce n'est pas pour ça qu'il faut me plaindre... la misère, ce n'est rien que va, voyez- vous...
n MARIE- JEANiNE.
SOPHIE
Mais pourquoi n'êîes-vous pas venue me trouver? Pourquoi esl-ce uiu- lecumuiandijiiûn élracgère qui vous amène ici? Est-ce que vous en aviez besoin ?... j aurais eu tant de joie à vous secourir.
MARIE
Je vous croyais bien loin , en voyage!... oh! sans cela, je serais venue... avec vous je n'aurais pas eu de honte!...
SOPHIE
C'est bien !
SiARIE.
Du moins, le ciel a exaucé ma prière... vous êtes heureuse, n'esi-ce pas?
SOPHIE, baissant les yeux.
Heureuse !... Heureuse mère, seulement...
MARIE
Heureuse mère, seulement... mais c'est tout, c'esi îouie la vie, ça...
Elle pleure.
SOPHIE
Oh ! que de douleur dans sa voix!... Mais que vous est-il donc arrivé, Marie-Jeanne?...
J'ai perdu mon tils.
SOPHIE
Perdu!... mort?
MARIE
Oh ! non, non... mais il est... il est là-bas... Ah ! je i>e peux pas vous dire... et vous ne pouvez pas me comprendre ! vous qui êtes riche vous ne soupçonnez pas jusqu'où le malheur peut conduire !...
SOPHIE
Parlez, parlez... je le veux...
MARIE
th bien! il y a dans Paris une maison bien vaste.