ACTE III, SCENE VIII
SOPHIE
Oh ! mon Dieu !
APPIANI
Puis ensuite un abattement, une faiblesse si grande, que si vous aviez été là vous l'auriez cru mort...
SOPHIE
Oh ! merci , merci de m'avoir épargné cet horrible spectacle !
APPiANI.
Puis enfin, la dernière crise , la plus violente , la plus terrible de toutes... .l'ai vu ses joues pâlies se colorer toul-à-coup, ses yeux abattus et ternes se relever brillans et mobiles comme s'ils vous cherchaient; ses pauvres petits membres se tordre dans les convulsions de la douleur, et ses lèvres s'ouvrir avec elFort , comme pour appeler sa mère !...
SOPHIE, hors d" elle-même.
Oh ! docteur !
APPIANI
Et je l'ai sauvé , madame, puisque vous l'avez là, calme et souriant.
SOPHIE
Oui, sauvé... sauvé par vous... oh ! je tiendrai mon serment... je vous le jure encore !...
Elle lui teDd la main.
APPIANI
Ce serment !... la joie, le bonheur de toute ma vie, je ne vous l'aurais pas rappelé ! mais j'attendais cette parole de votre bouche... Je l'attendais, Sophie , avec l'anxiété la plus vive !...
SOPHIE
Doutez-vous de moi, docteur?
APPIANI
Non !... mais je me connais, madame... Je sais le peu que je suis, et je tremble devant une rivalité dangereuse.
7d MARIE-JEANNE.
SOPHIE
Je vous dois la vie de mon enfant... c'est à mes yeux le litre le plus grand , le plus sacré... et quand vous aurez fixé l'époque... le jour de noire mariage, venez réclamer la promesse que je vous ai faite... jen'hésiterai pas... Je serai votre femme...
APPIANI
Et alors, c'est moi qui vous devrai tant, que monexistence tout entière ne suffira pas pour m'acquilier envers vous!