ACTE II!. SCENE IX
MARIE
Non. monsieur, non... Ah ! ben oui, chez moi, est-ce qu'on aurait pu? est-ce que je l'aurais quitté?. ..mais la misère m'avait forcé de l'exposer...
APPiAM , troublé.
L'exposer...
Grâce à madame, je pouvais !e ravoir !... J'ai couru là-bas !... .l'arrivé, j'entre , je questionne !... on me répond qu'il est venu un homme, un homme bien riche, car il a laissé de l'or, beaucoup d'or pour la maison... Que cet homme a donné tous les renseignemens, il a dit tout ce que j'avais mis sur lui pour le reconnaître... mon anneau de mariage , la branche de buis béni !... tout, tout. tout... lit quil a emporté l'enfant!. .. APPiANi, à part.
C'était elle !
MARIE
Ça ne se pouvait pas... .)e ne voulais pas le croire... et je suis restée malgré eux .. j'ai voulu voir ces pauvres créatures abandonnées, pour être bien sûre de mon malheur, les voir toutes .. Il n'y était pas... il n'y était pas , madame !... .-Vlors !.. oh! alors, ma tête s'est perdue. . Comment je suis sortie , comment je suis venue chez vous... comment je vis encore... je ne sais pas. je ne sais filusrien, je ne com|)rends plus rien... Elle loml'c cinns les bras crAppiani cl Je Sophie; ils la placent sur le canapé.
sni'iiii:.
Docteur, mais est-il doiic possible qu'une aclion pareille s'accomplisse ?
Ai'piANM, à Marie.
Vous le reirouverez, madame... Il faut...
Mais qu'est-ce que je pourrai faire . moi, pauvre
femme du peuple... Sans appui, sans soutien?... E^ice qu'on ra'écoutera seulement ?
SOPHIE
Et moi, Marie-Jeanne ! Mais, j'ai desamis, des amis considérés et puissans... Oh ! nous vous le retrouverons... on vous le rendra, allez !...
MARIE, pleurant.
Oui, oui, vous m'aiderez, n'est-ce pas?... vous serez compatissanie, vous serez bonne... Oh ! c"est à présent, voyez-vous , c'est à présent qu'il faut avoir bien pitié de moi... parce que moi . je ne peux plus... je ne sais plus... Oh ! ayez pitié de mon malheur !
SOPHIE
Je vous le promets , je vous le jure !... Est-ce que je ne comprends pas vos douleurs?... Est-ce que je ne suis pas mère aussi ?...
Elle indique le berceau.
MARIE
Oui, oui, c'est vrai !... Et vot' enfant, allez, il aura, plus tard , deux bons serviteurs, mon fils et moi. ..nous seronsloul à lui, d'abord... [Regardant du celé du berceau.) Oh 1 oui, mon enfant, oui , quand ta mère nous aura sauvés...
Elle s'approche du berceau.
APPiAM, allant au-devant de Marie.
Arrêtez !
MARIE
Oh ! soyez tranquille... je ne lui ferai pas peur, allez... je vais lui sourire...
APPIAM.
Mais...
SOPHIE, le retenant.
Laissez, laisf-ez, docteur !
MARIE
Oui , cher enfant... oui , quand ta mère nous aura sauvés , nous ne te quitterons pas... {Regardant Ven-