ACTE IV, SCENB II
En ce cas, adieu !
RÉMY
Adieu ? J'vas m'adresser à M.Théobald et à iM"" de Bussières.
APPIANI, avec effroi.
M™°de Bussières I Tu saurais?...
RÉMY
Tout : que vous lui avez donné lenfant de Marie- Jeanne pour le sien, afin défaire un brillant mariage!... Et c'est au moment de réussir , au moment de conclure une si belle affaire , que vous regardez à deux mille cinq cents malheureux francs... Allons donc I c'est petit , mesquin !
APPIANI
Plus bas , plus bas! malheureux !
RÉMY
Ah ! vous avez agi sans moi ! ça vous a porté malheur ; car je tenais à ma somme et je vous ai suivi... Une fois sur la trace... par tout ce que je savais du petit Bertrand , j'ai bien vite deviné le reste , et j'ai attendu... Rémy , que je me suis dit, on le fait tort de mille écus , mon bon homme ; mais, sois tranquille, ça te rapportera quatre mille francs.
APPIANI
Mais, tais-loi... tais-toi donc, misérable ! RÉMY, élevant la voix.
Ah ! mais, c'est que vous ne lui imposerez pas silence à celui-là, vous ne le ferez pas enfermer celui-là... il y a de la bonne cervelle dans ceci... Vous me ferez dillicilemenl passer pour une malheureuse mère qui a perdu la raison !
APPIANI
Mais si je te donne ce que tu demandes, le tairas- tu, enfin ?
RÉMY
Eh bel) 1... oui... dès que j'aurai touché les cinq billets de mille...
APPIANI
Soit... tu les auras...
RÉMY, à part.
Oh ! si j'aurais su !...
APPIANI
Mais je ne veux pas, en te les donnant d'avance, me mettre pour toujours à ta merci... Tu les auras... le jour de mon mariage.
RÉMY
Accepté.
APPIANI
Tu ne me trahiras pas?
RÉMY
Soyez donc paisible... j'ai deux bonnes raisons pour cela... mon inlérèl. d'abord! et ensuite, ma haine pour ce cafard de Bertrand , qu'a eu la lâcheté de se remettre à l'ouvrage, et qui m'a chassé de son garni , rCeignant...
Ainsi, marché conclu?
RÉMY
El celle fois, je suis sûr que vous ne me ferez pas faux-bond... j'irai les toucher pendant la solennité de votre hy menée... [Regardant sa mise.) Mais je n'pourrai guère me présenter à vol' noce dans ce petit négligé...
APPIANI, lui donnant sa bourse.
Tiens... et laisse-moi... Tu sais maintenant quand lu dois venir chercher le reste?...
RÉMY
Le reste? fidonc!... ceci ne compte pas... c'est pour mes fournisseurs... des simples frais de toilette... pour faire honneur à môsieu...