ACTE V, SCENE VI. lOT
pas seulement pour le revoir, je ne viens pas seulement pour l'embrasser, j'viens vous le reprendre.
APPIANF.
Vous?
Oui, moi... moi, qui n'ai plus peur h présent!
APFIANI.
Silence, silence, malheureuse !... cet enfant... est à nous !
MARIE
A vous?
APPiANi, à voix basse, et regardant autour de lui. Oui, car fussiez-vous sa mère...
MARIE
Ah ! vous en convenez donc !
APPIANI, lui serrant les mains.
Fussiez-vous sa mère!... il nous le faut, et je ne veux pas qu'il vous soit rendu !
MARIE, se dégageant.
Oh! misérable !... misérable!...
APPIANI
Croyez-moi donc, réfléchissez avec calme, el vous accepterez mes offres.
MARIE. Vos offres?
APPIANI
Vous êtes pauvre, nous vous enrichirons.
MARIE
Que je vous le laisse... que je vous le vende?... Jamais ! j'aime mieux la misère avec lui !...
APPIANI , d'tine voix sourde et s'avançant sur elle.
Mais tu ne vois donc rien , lu ne comprends donc rien ! Tu ose me braver ainsi, et tu ne trembles pas ?... MARIE, rccxdanl à droite.
Que dit- il!
APPIANI
Tu l'es introduite ici furtivement, tu oses dire à vois.
im MARIE-JEANNE.
haule que tu feux mon déshonneur et ma ruine, et tu ne irembtes pas!...
MARIE
Mon Dieu !...
APPIANl.
Mais tu es en mon pouvoir, Marie-Jeanne, dansune demeure qui est la mienne, entourée de gens quim'obéissenl, et tu m'obéiras à ton tour.
MARIE, se trouvant de Vautre côté de la table. Jamais... jamais...
APPIANl, s avançant toujours avec menace. Prends garde... personne ne t'a vue entrer dans cette maison, m'as-tu dit... si tu refuses, personne ne l'en verra sortir !
MARIE, reculant toujours et cherchant à fuir. Me... me tuer... ah ! vous n'oserez pas me tuer!...
APPIANl.
Tais-toi!...
MARiE,t;o7/aw< que les portes so7it fertnées,passe à gauche. Non !... j'appellerai M""* de Biissières.
APPIANl, la saisissant.
Te tairas-tu, malheureuse?
MARIE, avec force.
Je lui dévoilerai votre infamie, je lui dirai... Ah!
au secours, au secours !...
Appiani lui applique un mouchoir sur la bouche et la renverse sur un fauteuil à gauche.