ACTE DEUXIÈME 7î
connaissait pas, et tous ceux qui l'approchent sont heureux, parait-il, comme des enfants qui se réveillent... Moi-même, qui ne l'ai vu que le temps d'un regard, entre les oliviers, j'ai senti que la joie s'élevait dans mon âme, comme une sorte de lumière qui gagnait mes pensées... Il n'a fixé ses yeux qu'un instant sur les miens, et cela suffira pour le reste de ma vie. Je savais qu'il me reconnaissait sans m' avoir jamais vue et voulait me revoir... Il semblait me choisir gravement, puissamment, pour toujours...
VERUS
Qu'est-ce à dire? — C'est de lui que tu parles? — Que s'est-il passé?... Tu l'as revu?... On m'avait dit du reste qu'il était intrigant, prêt à tout; maiS je n'aurais pas cru qu'il aurait eu l'audace...
Il n'a pas eu d'audace... Je ne l'ai pas revu,
72 MARIE -JIAGDELELN'E
je ne le verrai plus puisque nous allons tout quitter pour n'être plus que deux.
VERUS, rélreignant plus étroitement.
Pour n'être plus qu'un, Magdeleine, sur une terre plus heureuse où tout encourage le bonheur, sourit à ceux qui s'aiment et bénit la beauté...
MARIE MAGDELEINE, éclatant en sanglots convulsifs contre la poitrine de Verus.
Je t'aime... Je le sais... Je v^juxfuir, je veux fuir ce que j'ignore encore...
VERUS
Viens, je connais ces larmes qui débordent en môme temps de notre double cœur dans notre joie unique... Mais voici que s'avancent, entre les colonnes du vestibule, les j^lus beaux ornements de cette belle Rome que nous allons