ACTE DEUXIÈME
informe, rigide, étroite, serrée de bandelettes, le visage couvert d'un suaire. La foule, tassée en demi-cercle, irrésistiblement attirée et repoussée, se penchait, tendait ses mille cous, sans oser approcher. Le Nazaréen se tenait seul, en avant. Il leva la main, dit quelques mots que je ne saisis point, puis d'une voix dont je n'oublierai jamais la puissance captive, s' adressant au cadavre, il s'écria : « Lazare, sors! »
Il sortit?...
APPIUS
On n'entendait que le bruit du vent qui agitait les vêtements de la multitude, et le bourdonnement des mouches qui envahissaient le sépulcre. Tous les regards étaient tellement tendus vers le cadavre que je voyais, pour ainsi dire, leurs rayons immo-
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biles, comme on voit les rayons du soleil dans une chambre obscure... Tout à coup, ce fut net, terrifiant, surhumain! Le mort, obéissant, lentement se ploya, puis faisant craquer les bandelettes qui étreignaient ses jambes, se dressa tout debout, comme une pierre, blanc, les bras liés et la tête voilée. A petits pas presque impossibles, guidé par la lumière, il sortit du sépulcre. La foule épouvantée reculait à mesure, sans pouvoir détourner les regards.
« Déliez-le et laissez-le aller », dit le Nazaréen. Et les deux soeurs du mort, se détachant de la haie humaine, se précipitèrent vers leur frère.
l lui;
APPIUS
Il choRCcIait, il trébuchait à chaque pas.