‹ Marie-Magdeleine; drame en trois actesChapitre 47 sur 86 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

enfants et surtout les vieillards, frénétiquement exultaient. On aurait dit qu'ils trépignaient la mort qu'un dieu venait de vaincre et de jeter par terre, pour la première fois, depuis que l'homme existe. En ce moment encore, dans toute la région qui avoisine les tombeaux, c'est une exaltation inconcevable et dangereuse; et par Hercule! si nous y avons échappé sans dommage, je ne conseillerais pas à mon pire ennemi d'y hasarder la toge et les armes romaines.

VERUS

Est-ce tout?

APPIUS

Que te faut-il davantage?

VERUS

Je voudrais savoir ce que prouve tout c-ela.

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APPIUS

Cela prouve que cet homme qui a vaincu la mort, qui jusqu'ici avait vaincu le monde, est plus grand que nous et nos dieux. Il convient donc d'écouter ce qu'il a à nous dire et d'y conformer notre vie.

SILANUS

J'y conformerai la mienne, Appius, si ce qu'il enseigne est meilleur que ce que j'ai appris. En réveillant un mort, au fond de son tombeau, il nous montre qu'il possède une puissance plus grande que celle de nos maîtres, mais non point une plus grande sagesse. Attendons tout d'une âme égale. Il n'est pas difficile, même à un enfant, de discerner ce qui, dans les paroles, augmente ou diminue l'amour de la vertu. S'il peut me convaincre que j'ai mal agi jusqu'à ce jour, je me corrigerai, car je ne cherche que la vérité. Mais si tous les morts qui peuplent ces

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