VIII AVERTISSEMENT
J'avais, avant que de me mettre au travail, demandé au vénérable poète allemand que je tiens en très haute estime, l'autorisation de développer ces deux situations qui chez lui, dans un drame incomparablement plus touffu que le mien, n'étaient pour ainsi dire qu'esquissées, lui offrant de reconnaître ses droits de la façon qu'il jugerait équitable. A ma respectueuse requête il ne fut répondu que par un refus, j'ai regret de le dire, peu courtois et presque menaçant.
Dès lors, il me fallut considérer que la parole évangélique citée plus haut, appartient à tout le monde, et que l'alternative dont je parle est de celles qui se rencontrent plus d'une fois dans la littérature dramatique. Il me parut d'autant plus licite d'en user que je l'avais précisément imaginée, l'année même que fut publiée Maria von Magdala, sans pouvoir connaître celle-ci, dans le quatrième acte de Joyzelle.
AVERTISSEMENT ix
J'ajouterai que, hormis le principe de ces situations, pour tout ce qui concerne le sujet de la pièce, la conduite de l'action, les personnages, les caractères, les péripéties, la ligne, la couleur et l'atmosphère, les deux œuvres n'ont absolument rien de commun, que pas une réplique, pas une phrase de l'une ne se retrouve en l'autre.
Gela dit, je suis heureux de témoigner au vieux maître, ma gratitude d'un don spirituel qui, pour être involontaire, n'en est pas moins considérable.