‹ Marie-Magdeleine; drame en trois actesChapitre 8 sur 86 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

soyez fixe prê^ de cette ville aride et morne, où la terre est affreuse, où les hommes sont laids, hargneux, sournois et malfaisants, malpropres et barbares?...

SILANUS

J'avais, comme tu le sais, suivi à Césarée le procurateur Valérius Gratus, puis je revins à Rome où tu fus quelque temps mon élève fidèle et préféré. Mais bientôt j'eus honte d'enseigner une sagesse dont les certitudes me semblaient d'autant plus douteuses que je les affirmais avec plus d'assurance. Je fus rappelé ici, en cette Judée barbare, par la plus étrange des curiosités. Lors de mon premier séjour, j'avais commencé l'étude des livres sacrés des Juifs. Ils sont informes et sanguinaires, mais on y trouve aussi de belles fables et les précoces efforts d'une sagesse sauvage mais parfois singulière. Ils n'ont pas encore iassé mon attention.

MAtUE-MAGDELEINE

VERUS

En eiïet, notre ami Appius, que j'ai revu à Antioche, m'avait parlé de vos études et de votre passion soudaine et désordonnée nour les vieux livres juifs...

SILANUS

Il ne tardera pas à venir.

VERUS

Qui?... Appius?... Il est donc à Jérusalem?

SILANUS

Tu l'ignorais?... Mais toi-même, depuis combien de jours es-tu dans le pays?... Ta lettre d' avant-hier ne me le disait point...

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