ACTE TROISIÈME i
UN AUTRE
On le mène chez Pilât e!... voilà Pierre et Jean qui se cachent!...
UN AUTRE
Le sang coule sur ses pieds...
UN AUTRE
Il ne peut plus marcher!... Il chancelle!... il chancelle!...
VERUS, à Marie-Magdeleine qui n'a pas remué et demeure debout, contre une colonne, au milieu de la salle, regardant fixement devant elle, sans se tourner vers les fenêtres.
Magdeleine!...
Dans la rue, subitement, le tumulte tombe, cumnîc tomberait un objet énorme et lourd. Un prodigieux silence.
QUELQU UN, dans la salle.
Qu'est-ce?...
MAniE-MAGDELElNE
l'aveugle de JÉRICHO, à la fenêtre.
Il tombe!... Il est tombé!... Il regarde ]; maison!...
VERUS
Magdeleine, je te promets encore...
MARIE-MAGDELEINE, sans bouger, sans regarder Yérus, sans colère, simplement, d'une voix d'outre-\'ie, pleine de pais, de clartés et de certitudes divines :
Va-t'enî...
L AVEUGLE DE JÉRICHO, à la fenêtre.
Il se relève!... Ils l'entraînent!...
Le tumulte, las cris de mort reprennent et redoublent dans la rue. Yérus sort lentement en regardant Marie-Ma^deleine qui est demeurée immobile, comme en extase, et tout illuminée de la clarté des torches qui s'éloij^nent.
Rideau.
ï"'^ Maeterlinck, Maurice
2625 Miarie-Magdeleine