SCÈNE XII
MARION, CASIMIR, LE MARÉCHAL , entrant par le fond. )
LE MARÉCHAL
Tenez, mon prince, je n'ai pas besoin de vous la présenter j à ces éclats de rire, vous avez deviné. . .
CASIMIR
La belle Marion DeIorme,qui me vengeait de Richelieu, quand j'étais prisonnier d'état.
LE MARÉCHAL
Comment cela?
MARION
Belle demande ! . . . avec la vengeance de notre sexe.
CASIMIR
En le trompant.
LE MARÉCHAL
Ab ! Marion , vous êtes bien la plus vindicative des jolies femmes!... Mais de quoi pouviez -vous rire ainsi toute seule?
MARION
D'un mariage , mais d'un mariage sérieux. . . et le plaisant, c'est que j'y suis pour quelque chose... Le riche procureur Nacquart épouse la petite blanchisseuse , vous savez?. . .
LE MARÉCHAL
Oh ! une blanchisseuse!
CASIMIR
Eh bien ! je conçois cela depuis mes aventures de Viucennes...
LE maréchal; Mais bon ! je suis charmé que le procnrenr l'e'pouse! . • . Une jolie fille de si bas e'tage , c'est de l'or dans la mine.
CASIMIR
Ahl que vous êtes heureux, vous autres Français!...' tout est chez vous matière à plaisir ! . . . C'est le ton de la Cour. . . que d'éclat, de grâce et de gaieté!. . . Mais votre peuple aussi est assez bien, vous avez des bourgeois qui ne sont pas du tout sots ! . . . Votre Corneille , votre Pascal, ça a des idées. . . presque comme nous ! . . . Et vos petites roturières sont , ma foi , fort agréables ! • , . Ah ! si je n'étais pas condamné à régner un jour, je voudrais n'être, tout simplement , qu'un de vos ducs et pairs , avec 1 00,000 écus de rente , et une compagne parisienne.
MARION
Vous n'êtes pas dégoûté, mon prince.