MIC.^OT
Tu tombes mal... un grand bal ce soir... car tu ne .sais pas... Après la mort de mon neveu ]Sacquart, conseiller au Parlement, on rechercha sa veuve... elle était riche, tout le monde la reçut, la famille du maréchal de l'FIopital sur-tout ; le maréchal lui-même s'est déclaré son ami... il la consulte toujours; et, aujourù'hui encore, mademoiselle de IHopital la retient près d'elle pour l'aider à faire les honneurs d'une fête cpi'il donne.
LACtABDIE.
Oui, je l'ai appris... J'avais d'abord pensé à me faire présenter chez le maréchal par l'ambassadeur de Suède, auprès de qui j'ai une puissante recommandation.
MIGSOT.
Bah!
LAGAP.DIE.
Mais au milieu de tout ce grand monde, mon entrevue avec Marie serait trop gênante... je veux, avant tout, connaître ses vrais sentiments , si c'est possible... Voulez-vous lui demander, pour moi, un entretien secret?... J'en ai le pressentiment, je ne la quitterai que pour vous nommer mon oncle.
MIGKOT.
Le ciel t'entende!... Etmoi,Lagardie,je vous suivrai ?
Ma maison ne sera-t-elle pas la vôtre?... et n'aurez-vous pas le droit d'y commander en maître?...
MIGNOT
En maitre-d'hotel, c'est tout ce que je veux... Eh! mais, j'entends... oui, c'est le maréchal... il revient du Louvre; retire-loi.
LAGARDIE, après avoir fait une fausse sortie, qui lui a fait prendre la çauchc de la scène.
Et votre nièce?...
MIG>OT.
Je te conduirai près d'elle tout-à-1 heure... Attends-moi, descend? au jardin.
LAGARDIE
Air dos (Joincilieiis. •
I)('|)êchcz-vous, il faut qui' je la voie.'... Je brûle e.nfin de connaître mon son !... ■Si je l'obtiens, rien n'cj-jale ma joie; Si je la perd.<, «'est l'arrêt de ma mort !..
JIJGSOÏ.
Perdre une femme, à ce poiut te cliap,riiic I ^ a , l'on renonce à tout re qu'on aima , Sans en mourir... J'adorais la cuisine, .le n'en fais plus , et pourlanl me voilà ! . . .
ENSliMBLE.
Il faudra bien dans peu ([u'elle te voie ; Mai.«, quels que soient sa réponse et ton son, Xc t'iaiss' mourir de chagrin ni de joie ; C'est uol' faibless' qui rend l'Amour si fort ! LAGABDIE.
Dépéchez-vous , etc.
( Il sort à gauclic.)
MIG>OT, seul.
Tiens, c'est ma nièce... (A Marie.) Je croyais rjue le Maréchal...