LE MARÉCHAL, M"« NACQUART
MADAME >ACQCART, à part.
Est-ce une défaite?... Vovons-le venir.
LE JIARÉCHAL.
Ma bonne... mon excellente amie... vous me voyez tout bouleversé... Mes sentiments vous sont connus... tout mon bonheur serait d'unir mon sort au vôtre... aussi mon parti était pris... je sautais à pieds joints sur toutes les convenances de mon rang... je vous épousais... Oui, ce soir même, je voulais annoncer ce mariage à mes amis, au milieu d'une fête. Afin d'obtenir ra.grément du roi, je lui avais parlé de vous comme de la veuve d'un procureur... d'un conseiller; il ne m'avait répondu que par une grimace expressive , cl, ma foi , à tout risque , j'interprétais son silence... mais ce matin, quelle a été ma surprise ! lorsqu'au grand lever il a dit, en fixant sur moi un regard dont je frissonne encore : « Il y a des gens qui ont le cœur bien bas! conçoit-on le po<:te Dufresny... qui se dégradejusqu'à épouser une blanchisseuse! "
MADAME KACQCART.
Ciel!
LE MARÉCHAL
J'ai senti l'apostrophe! jugez de mon humiliation!... Il paraît que depuis hier c'était le sujet de tous les entretiens.
MADAME NACQUART
Et pourtant c'était un secret pour tout Le monde.
LE MARÉCHAL
Excepté peut-être pour Mignot , et encore pour Marion Delorrae; elle l'aura dit à Ninon, qui l'aura dit à la veuve Scarron , qui conte tout à la Montespan, qui n'a point de secrets pour le roi.
MADAME NACQUART
Et pourquoi souffrez-vous que cette Marion pénètre dans votre hôtel?
LE MARÉCHAL
Ah ! ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Maintenant, ma pauvre madame Nacquart, jugez de mon embarras : on annonce des promotions prochaines à l'Ordre du Saint-Espiit, et si je fâche Sa Majesté... Voyons, que faire?... que résoudre?... montrez-vous mon amie... conseillez-moi...
MADAME NACQUART
Vous me demandez conseil?... {X pan.) Lin- .nrat !... il est décidé !...
[r ÉPOQUE, SCÈNE VI.