‹ Marie MignotChapitre 35 sur 63 · NACQUART, MARION, LE MARÉCHAL · texte numérisé non relu

NACQUART, MARION, LE MARÉCHAL

MABIOX.

Marion pleure , Marion crie, Marion veut qu'où la marie...

Votre servante, monsieur le maréchal. {Il passe devant elle , et sort à droite , sans la regarder. ) Tiens ! comme il est aujourd'hui!... A souaise!... Je vous salue, madame Nacquart; bonjour, père Mignot... Si vous saviez, la valetaille qui ne voulait pas me laisser entrer, parceque je suis arrive'e dans une chaise à porteurs!

MADAME NACQUART

C'est l'ordre de mes gens.

MAIIIOX, riant.

De tes gens!... encore plus drôle!... Eh! pourquoi diable, ma chère Marie, t'avises-tu donc d'avoir des gens?

MIGNOT, à Marion, en riant.

Le fait est que c'est comique. Ah! ah! ah!... (Madame Nacquart le regarde avec colère, et va s'asseoir pour écrire. — Mignot, lionteiu, s'est retiré dans le coin de la scène, à droite.)

MARION

Mais c'est au niare'chal que j'en veux, il est sorti sans me dire une parole... Ah! j'ai vu un temps où il était moins silencieux !... Dame! chacune son tour... J'étais belle alors... comme toi... impertinente... comme lui... et j'avais des gens comme les tiens.

Air : On a tant de peine-.. ( de la Fiancée. )

Mais mon régne est passé,

Mes attraits ont baissé , Ce que j'ai n'est qu'uu mince avantage;

Je vois fuir les grandeurs.

Et la chaise à porteurs A déjà remplacé l'équipage.

Dans mes filets j'ai pris

Des ducs et des marquis ;

Je gagnais beaucoup d'or.

J'en mangeais plus encor.

Même à présent, vois-tu,

Je n'ai pas tout perdu ; [Lis.)

Je puis , dans mes bons jours.

Rattraper les amours !...

Cependant il faut êire modeste ;

Mes attraits passeront,

Les amants les suivront ; Ah ! du moins que la j]aîlé nous reste !

Un jour vient où l'on n'a

Rien que ce plaisir-là ! . . . { bis.)

MIGNOT, allant près de Marion.

Écoutez donc, mamz'elle Marion, ma nièce, ça sera différent, parcequ'elle aura des maris.

MARION

C'est juste, des maris, c'est plus solide!... A propos, père Mignot, est-ce vrai, ce qu'on dit, que madame Nacquart va se remarier?... C'est une nouvelle qui court... Oh ! j'en ai bien

ri!... et foi aussi tu en riras, j'en suis sAre;n'rstil pas vrai, madame la maréchale?

MADAME NACQUART, toujours assise à la table, à droite.

Pourquoi pas?

MAlîION, à part.

Dans le fait, où serait la mésalliance? le mari un bâton, la femme un battoir; ça fera de très belles armoiries !

MIGNOT, bas à madame Nacquart. Et Lagardie?

MADAME NACQrART.

Voici la réponse... Mon oncle, approchez... pltts près. (Bas.) Marion ne doit plus reparaître ici... le maréchal veut qu'on la renvoie... Je compte sur vous.

MIGNOT, bas.

Comment, tu exiges...?

MARION

Ah! çà , décidément, madame Nacquart, vous serez donc une grande dame?

MADAME NACQUART

Qui a besoin de vous pour un petit service.

MARION

Ah! compte sur ma complaisance.

( Elle va près de madame Nacquart.) MADAME NACQUART.

Ecoutez.

{ Elle lui parle bas -H l'oreille.)

MIGNOT, à part, dans le coin à gauche. Maréchale!... ma nièce!. ..Voilà la peur qui me prend. Si elle s'élève, il faudra que je monte encore... et Dieu sait où je m'arrêterai! MARION, bas à madame Nacquart.

Qui?,., votre oncle?...

MADAME NACQUART, bas.

Il le faut, le maréchal le veut.

MARION, bas.

Allons, je m'en charge, ne fut-ce que pour adoucir le coup.

MADAME NACQUART, à part, et prenant le milieu de la scène.

Au moins, en m'y prenant ainsi, j'évite les reproches de l'un et les railleries de l'autre.... (Haut.) Je vous laisse, Marion. Adieu, mon oncle.

(Elle soit à droite, en regardant Mignot d'un air de regret. )

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